Sécurité

Mali : selon le maire de Nampala, « il n’y a aucun militaire dans la ville »

Des militaires maliens à l'entraînement, à Koulikoro, en juillet 2013. © Baba Ahmed/AP/SIPA

Aba Brahima Ba, le maire de Nampala, a répondu aux questions de Jeune Afrique après l'attaque meurtrière d'un groupe d'hommes armés qui a coûté la vie à 17 soldats maliens dans sa ville, le 19 juillet. Il affirme notamment que les assaillants sont revenus à deux reprises à Nampala et qu'aucun militaire n'est présent sur place malgré l'annonce de renforts par les autorités.

Jeune Afrique : que s’est-il passé à Nampala dans la matinée du mardi 19 juillet ?

Aba Brahima Ba : Le jour de l’attaque, je n’étais pas à Nampala. J’étais en déplacement dans une commune voisine. À 8h du matin, on m’a informé que la ville avait été attaquée à 5h par des hommes armés et que des tirs nourris résonnaient près du camp militaire. Ma fille m’a indiqué que tous les habitants s’étaient cachés chez eux et que des gens de peau blanche étaient en train de se promener armés. Elle m’a aussi dit qu’ils avaient incendié le camp militaire.

Combien de temps a duré cette attaque ?

Les assaillants sont arrivés à bord de pick-up et de motos et sont repartis vers 9h du matin, après avoir incendié le camp et emporté du matériel militaire. Ils sont ensuite revenus le soir, vers 21h, pour brûler tout ce qui ne l’avait pas été dans le camp et dans les différents checkpoints militaires de la ville. Nous avons aussi entendu des détonations au niveau du camp. Et ils sont encore revenus hier soir (mercredi 20 juillet, NDLR), vers 18h30, à bord de deux pick-up et de motos. Ils sont restés un peu, ont brûlé deux véhicules militaires à un checkpoint, puis ils sont repartis.

Avez-vous une idée du nombre d’assaillants qui ont participé à cette attaque ?

Ils étaient nombreux, sûrement plusieurs dizaines, mais nous n’avons pas une idée précise de leur nombre.

Parlaient-ils fulfulde, tamashek, arabe ?

Plusieurs personnes m’ont dit que c’était des hommes enturbannés à la peau blanche. Certains sont passés devant ma fille, qui parle fulfulde, et elle n’a pas compris leur langue. Donc ceux-là n’étaient pas Peuls. Les autres, je ne sais pas.

Avaient-ils des drapeaux noirs ou d’autres drapeaux ?

Il semble qu’un des véhicules avait un drapeau noir.

Les assaillants se sont-ils attaqué aux civils ?

Ils n’ont pas touché aux habitants de Nampala. Tout le monde était rentré chez lui quant l’attaque a commencé.

Comment ont réagi les militaires face à cette attaque ?

Je ne sais pas précisément, mais ils ont quitté la ville après l’attaque.

Le dispositif militaire était-il suffisant ?

Je pensais qu’il était suffisant. Je ne m’attendais pas à une telle attaque vu l’important contingent militaire qu’il y avait à Nampala. J’avais confiance, je pensais même que nous étions plus en sécurité ici qu’à Bamako.

Des renforts militaires ont-ils été envoyés à Nampala depuis l’attaque ?

Non, il n’y a eu aucun renfort. Nous attendons que des soldats arrivent.

Donc il n’y aucun soldat malien à Nampala ?

À l’heure où je vous parle (jeudi matin 21 juillet, NDLR), il n’y a aucun militaire à Nampala.

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