Politique

Arabie saoudite : Salman Ibn Abdelaziz Al Saoud, la continuité sans le changement

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Salman Ibn Abdelaziz Al saoud, nouveau roi d'Arabie Saoudite.

Salman Ibn Abdelaziz Al saoud, nouveau roi d'Arabie Saoudite. © AY-COLLECTION/SIPA

Le roi Abdallah est mort, vive son frère ! Le 25e fils du fondateur du royaume d’Arabie saoudite accède au trône, à l’âge de 79 ans. Trop vieux pour incarner le changement dans un pays pétri de traditions ?

« Il n’y aura pas de changement dans la politique du royaume. » Ainsi s’est exprimé le nouveau souverain saoudien Salman Ibn Abdelaziz Al Saoud, le 22 janvier, après l’annonce du décès de son demi-frère, le roi Abdallah. « Nous resterons, avec la force de Dieu, sur le droit chemin que cet État a suivi depuis sa création par le roi Abdelaziz Ibn Saoud, et par ses fils après lui », a-t-il déclaré sur les ondes de la télévision nationale.

En Arabie saoudite, c’est donc un nouveau règne qui commence… mais pas une nouvelle page qui se tourne. Alors que la tradition tribale et les pratiques ancestrales de l’islam régulent la vie sociale, le pays apparaît – parfois à tort – hermétique à tout changement. Et à 79 ans, Salman Ibn Abdelaziz Al Saoud n’a plus l’âge d’incarner une rupture.

Le pouvoir se transmet de frères en frères

Les prétendants au trône saoudien doivent en effet souvent attendre le crépuscule de leur vie avant de pouvoir s’y hisser. Comme tous ceux qui l’ont précédé, Salman a dû ronger son frein avant de se voir accorder en 2012 le titre de prince héritier, profitant d’un coup de pouce du destin. Alors que le pouvoir en Arabie saoudite se transmet de frère en frère et non de père en fils comme au Maroc ou en Occident, sa nomination n’aurait pas été envisageable sans la disparition en 2011 et 2012 de ses frères Sultan et Nayef, les anciens princes héritiers.

Vingt-cinquième fils du roi Abdelaziz, le fondateur du royaume, Salman fait partie du clan Soudairi. Une fratrie de sept garçons nés d’une favorite du monarque, Hassa Bint Ahmad Al Soudairi, et dont faisait également partie feu le roi Fahd, qui a régné de 1982 à sa mort, en 2005.

>> Lire aussi : Qui était le roi Abdallah ?

Jusqu’alors ministre de la Défense, Salman avait ces derniers temps pris l’habitude de remplacer son demi-frère Abdallah, paralysé par la maladie, aux réunions du Conseil des ministres et sur la scène internationale. Le nouveau souverain est connu pour son discours associant traditions saoudiennes, afin de rassurer les conservateurs du royaume, et quelques notes de réformisme libéral, pour plaire à l’Occident. Un progressisme dont il avait déjà fait preuve en transformant totalement l’urbanisme de Riyad – il a été gouverneur de cette ville pendant un demi-siècle, de 1955 à 2011. D’une petite bourgade perdue en plein désert, il a fait émerger une métropole régionale.

L’Arabie saoudite doit changer

Mais à cause de sa santé fragile, la capacité du nouveau monarque à gérer le royaume suscite déjà des inquiétudes. En cas de vacance, c’est son frère Moqren, 69 ans, qui prendrait la relève. Puis viendrait l’heure du fils du prince Nayef, Mohammed Ben Nayef, 55 ans. Le début du règne des petits-fils…

Sauf imprévu, le saut générationnel prendra encore des années dans cette dynastie vieillissante et appelée plus que jamais à entamer des réformes profondes. Alors que le pays compte aujourd’hui plus de 30 millions d’habitants, dont 47 % de jeunes, il reste très dépendant du pétrole. La dégringolade des cours de l’or noir, principale source de ses revenus, risque d’avoir de sérieuses conséquences sur sa situation intérieure et, au-delà, sur ses alliances régionales, en pleine guerre contre le terrorisme. Au risque de contredire le nouveau roi, qui veut rassurer son peuple, l’Arabie saoudite doit changer. Mais c’est la nature sclérosée du régime qui l’en empêche.

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