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La fièvre Pokémon GO s’empare de l’Afrique

À la date du 15 juillet, la page facebook Pokémon GO comptait 5 000 fans. © Photo Facebook.

Officiellement il n'existe pas encore sur le continent, mais des milliers de jeunes Africains ont déjà fait de Pokémon Go, jeu sur mobile sorti dans une vingtaine de pays depuis le 6 juillet, leur distraction favorite. Que ce soit à Rabat, au Caire ou à Lagos, la fièvre Pokémon GO ne connaît pas de frontières.

Sorti aux États-unis le 6 juillet et dans plusieurs pays d’Europe le 13 juillet, le jeu vidéo pour smartphone Pokémon GO est une application gratuite développée par The Pokemon Company et le studio Niantic, dont Nintendo détient une partie du capital. Mêlant virtualité et réalité, le jeu explose actuellement sur la toile avec des millions de fans dans le monde.

Le principe

L’écran de téléphone affiche une carte des rues environnantes, affichant des Pokémon à capturer. Le joueur, lui, incarne un dresseur de Pokémon se déplaçant réellement dans la rue pour vivre son aventure grâce à l’écran de son téléphone qui devient une carte interactive. Pour grimper en niveau, il doit attraper des Pokémon qui se trouvent sur son chemin, en lançant des Pokéballs sur son écran tactile. Une fois en poche, il doit élever ses créatures pour les rendre plus fortes afin de leur faire combattre d’autres Pokémon. C’est seulement parvenu au niveau 5 que le joueur pourra se rendre dans des arènes dissimulées un peu partout sur la carte, pour les défier.

Énorme succès

Personne ne connaît la date de sortie de l’application sur le continent mais déjà le virus a conquis les publics jeunes avec des milliers d’amateurs et la création de communautés de joueurs de Pokémon GO aussi bien en Égypte, au Maroc qu’au Nigéria. Comme le résume un jeune marocain en plaisantant : « Si Pokémon GO ne vient pas à nous, nous irons à lui ». Une blague qui traduit à elle seule le succès que rencontre le jeu vidéo en Afrique.

Dans cette vidéo vue par des millions de fans sur la page facebook UNILAD, ce jeune homme traque sans relâche le Pokémon Pikachu :

Dans les rues de Lagos, capturer une de ces précieuses bestioles semble désormais la seule préoccupation des jeunes qui ont réussi à télécharger les versions non officielles. « C’est impressionnant tous ces joueurs de Pokémon GO au Nigeria », s’amuse à commenter un Nigérian sur son compte Twitter avant de résumer l’ampleur du phénomène : « Quand Pokémon GO va débarquer au Nigeria, ce sera le chaos. Des gens vont se jeter de leurs véhicules. »

Des plateformes entièrement dédiées à Pokémon GO

Au Maroc, la page Facebook baptisée Pokémon GO Maroc, créée en 2015 par anticipation, rencontre un énorme succès depuis le lancement officiel de l’application aux États-Unis. En l’espace d’une semaine, la page a accueilli plus de 6000 fans. Le succès est tel qu’une compétition est même prévue du 4 au 7 août prochains au Morocco Mall de Casablanca. L’occasion pour les différents amateurs de se mesurer. « On veut regrouper le maximum de joueurs et la page nous sert de plateforme d’échange d’astuces et de conseils », explique Amine, l’administrateur de cette page, à Jeune Afrique.   « Avoir l’opportunité d’aller chercher par soi-même des Pokémon est la concrétisation d’un rêve d’enfant », ajoute celui dont l’amour pour ces petites bestioles imaginaires remonte à une quinzaine d’années. Sur YouTube, plusieurs initiatives ont par ailleurs été développées depuis la sortie de l’application pour expliquer aux amateurs Marocains les principes du jeu.

En attendant la grande compétition de Casablanca, Pokémon GO a profité de l’intérêt suscité par le jeu pour organiser un premier test avec de « vraies » PokétBall à gagner.

capture d'écran facebook

Le prix du vainqueur de la première compétition Pokémon GO au Maroc © Capture d’écran facebook

Craintes de certaines autorités

Au Sénégal, au Gabon et en Égypte les mêmes initiatives existent. Si l’ampleur du phénomène est moindre dans les deux premiers, malgré l’existence de centres Pokémon, au Caire en revanche, le jeu ne manque pas de provoquer l’ire des institutions religieuses et de l’État. Les rues sont très souvent envahies par les joueurs à la recherche de Pokémon et les leaders religieux craignent une baisse de la fréquentation des lieux de culte tandis que le pouvoir, lui, redoute surtout des risques d’espionnage.

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