Politique

Mali : au moins trois morts dans une manifestation anti-Minusma à Gao

| Par Jeune Afrique
Un soldat malien le 22 février 2013 à Gao.

Un soldat malien le 22 février 2013 à Gao. © Joel Saget/AFP

Au moins trois personnes ont été tuées mardi à Gao, dans le nord du Mali, pendant une manifestation contre la Mission de l’ONU au Mali (Minusma), accusée de tenter d’affaiblir des groupes armés soutenant le gouvernement contre les rebelles.

Mise à jour à 16:09

"Ici à la morgue de Gao, nous avons au moins trois manifestants morts, dont certains par balles", a déclaré à l’AFP un responsable de l’hôpital, faisant état de "plusieurs blessés graves".

Sidi Cissé, le leader des Patrouilleurs de Gao assure à Jeune Afrique que "trois manifestants sont morts" et que "15 ont été blessés, dont 7 par balles réelles".

Selon un officier de communication de la Minusma joint par Jeune Afrique : "au moment où des délégués de la manifestation étaient reçus par des personnels de la Minusma, les manifestants se sont dirigés autour du siège de la Minusma. Nous avons essuyé des jets de pierre et de cocktails molotov. La Minusma a alors fait usage de gaz lacrymonège et de tirs de sommation. Deux policiers des Nations unies ont été blessés."

"La Minusma n’a pas tiré sur les manifestants"

"Nos policiers ont été assiégés ce matin (mardi) par des manifestants, mais je peux vous dire qu’aucune force de la Minusma n’a tiré sur les manifestants. Aucun, absolument aucun ordre n’a été donné de faire usage d’armes. Je suis formel", a déclaré de son côté Arnaud Akodjènou, numéro deux de la Minusma.

Selon un personnel d’ONG, la manifestation se poursuivait cet après-midi et la foule était en entrain de se diriger sur d’autres bases de la Minusma installées en ville.

Les manifestants opposés au désarmement des groupes armés loyalistes

Une manifestation similaire avait déjà eu lieu lundi à Gao, sans faire de victime.

Alors que des manifestations hostiles à la Minusma ont aussi eu lieu la semaine dernière à Kidal après la destruction d’un véhicule des rebelles près de Tabankort le 20 janvier par des hélicoptères de la Minusma, les manifestants de Gao protestent depuis lundi contre la conclusion ce week-end d’un accord sur la création d’une "zone temporaire de sécurité" à Tabankort, près de Gao, contrôlée par des groupes armés favorables à Bamako.

Selon cet accord publié par la Minusma et signé avec les rebelles du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et de l’aile rivale du MAA, cette zone sera placée sous contrôle exclusif de la force de l’ONU, garante de "la libre circulation des personnes et des biens".

La création de cette zone "obligera les groupes armés loyalistes à désarmer ou à abandonner leurs positions", a expliqué à l’AFP une source administrative sur place.

Le président Keïta écourte sa visite en Allemagne et rentre à Bamako

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a écourté sa visite à Berlin pour rentrer immédiatement à Bamako. Les réunions entre diplomates prévues demain au siège de la Minusma ont elles été annulées.

>> Lire aussi : Les Casques bleus, cibles privilégiées des jihadistes au Mali

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