Sécurité

États-Unis : le tireur de Bâton-Rouge cherchait à tuer des policiers

Matthew Gerald, Montrell Jackson et Brad Garafalo, les trois policiers tués à Bâton-Rouge, le 17 juillet 2016.

Matthew Gerald, Montrell Jackson et Brad Garafalo, les trois policiers tués à Bâton-Rouge, le 17 juillet 2016. © AFP

Gavin Long, ancien marine américain et militant noir qui a abattu dimanche trois policiers à Bâton-Rouge, en Louisiane, cherchait à tuer des policiers, selon le chef de la police de cet État du sud-est des États-Unis.

« Ces policiers ont été visés intentionnellement et assassinés. C’est un acte calculé contre ceux qui travaillaient pour protéger chaque jour cette communauté », a déclaré Michael D. Edmonson, chef de la police de l’État de Louisiane, le 18 juillet, lors d’une conférence de presse, soulignant l’ »incontestable brutalité » du tueur. Dimanche, trois policiers ont été tués à Bâton-Rouge, dix jours après la fusillade contre des policiers lors d’un rassemblement antiraciste à Dallas.

Le tueur n’allait pas s’arrêter là

Le chef de la police de Bâton-Rouge, Carl Dabadie, s’est même dit convaincu que le tueur « n’allait pas s’arrêter là » et « qu’il allait se rendre au commissariat où il allait encore tuer ». Répondant aux accusations dénonçant la militarisation croissante de la police américaine, ce dernier a considéré que l’intervention du SWAT, l’unité d’intervention de la police (équivalent du Raid en France), est justifiée face à des tueurs « qui ne respectent pas les règles ».

« À ce stade rien ne nous laisse à penser que (la tuerie) a quelque chose à voir avec » la mort de cet homme, a précisé la police lundi, évoquant la mort d’Alston Sterling, un Africain-Américain de 37 ans, abattu par un policier lors d’une altercation, le 5 juillet à Bâton-Rouge. Sa mort, dont la vidéo a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, suivie, moins de 48 heures après, de celle d’un autre Africain-Américain, Philando Castile, également abattu par la police dans le Minesotta, sous les yeux de sa petite-amie, a réveillé les tensions raciales aux États-Unis.

Profil similaire à l’auteur de la fusillade de Dallas

Armé d’un fusil d’assaut et d’un pistolet –et un second fusil dans sa voiture–, Gavin Eugene Long, le jour de ses 29 ans, a ouvert le feu quand des policiers alertés de la présence d’un homme armé dans la ville sont arrivés sur place. Pour des raisons encore inexpliquées, il a abattu trois agents –dont un Noir– et en a blessé trois autres, avant d’être tué. Il a visiblement utilisé sa formation d’élite chez les marines pour tirer depuis plusieurs endroits en bougeant constamment, a raconté la police, carte à l’appui.

Son profil fait penser à celui de Micah Johnson, l’ancien militaire noir qui a abattu cinq policiers à l’issue d’une manifestation dénonçant les violences policières contre la communauté noire, le 7 juillet à Dallas.

Selon son compte Twitter @ConvosWithCosmo, Long s’était rendu à Dallas dans la foulée. Au lendemain de la fusillade il s’était réjoui sur son compte :

« Le tireur n’est PAS BLANC, il est l’un des nôtres! ». Il avait tweeté et publié des vidéos « prônant la violence comme moyen de combattre l’autorité ». Ses tweets les plus récents s’en prenaient violemment aux Blancs. »La violence n’est pas LA réponse (c’est une réponse), mais à quel moment te lèves-tu pour que les tiens ne deviennent pas les Amérindiens… EXTERMINES? », avait-il écrit sur le réseau social le 13 juillet.

Militant de la cause noire

Comme le tueur de Dallas, Gavin Eugene Long semblait avoir redoublé d’intérêt pour les causes noires aux États-Unis ces dernières années et suivait attentivement le regain de tension entre la minorité noire et les forces de l’ordre dans le pays. Sur  YouTube, il avait publié des vidéos dans lesquelles il parle des brutalités policières visant les Noirs.

L’organisation SITE de surveillance des mouvements extrémistes relève que le jeune Noir, très présent sur les réseaux sociaux, était associé « sur internet à plusieurs mouvements marginaux et adhérait à des théories du complot. Il avait aussi exprimé son opposition aux ‘manifestations pacifiques’ ».

L’an dernier, Long avait changé légalement de nom pour devenir « Cosmo Ausar Stepenra », revendiquant son appartenance à la Nation Washitaw, un groupe noir américain affirmant être une nation souveraine au même titre que les Amérindiens.

Gavin Eugene Long vivait à Kansas City, à quelque 1100 kilomètres au nord de Bâton-Rouge. Il a servi cinq ans dans les Marines en tant que spécialiste des réseaux de données à partir d’août 2005, et a été déployé en Irak de juin 2008 à janvier 2009. Il s’est marié en 2009 avant de divorcer en 2011. Il a par la suite entrepris des études de commerce à l’université de l’Alabama lors d’un seul semestre en 2012.

Cette folie doit s’arrêter

« Cette folie doit s’arrêter », a lancé la candidate démocrate à la Maison Blanche, Hillary Clinton, à propos des meurtres de Bâton-Rouge. S’exprimant devant la NAACP, la plus grande organisation de défense des Noirs américains, elle s’est aussi engagée à « se battre pour des réformes » dans la police afin que cette dernière « rende des comptes ». La veille, le président Barack Obama avait qualifié cet acte d’injustifiable.

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte