Sécurité

États-Unis : trois policiers tués à Bâton-Rouge

Un policier le 17 juillet 2016 à Bâton-Rouge en Louisiane.

Un policier le 17 juillet 2016 à Bâton-Rouge en Louisiane. © AFP

Dix jours après la fusillade contre des policiers lors d’un rassemblement antiraciste à Dallas, trois policiers ont été abattus dimanche, à Bâton-Rouge, où la mort d’un Africain-Américain lors de son arrestation avait ravivé les tensions raciales aux États-Unis.

Les circonstances du drame sont encore confuses. « Pour l’instant, nous ne connaissons pas les mobiles du tireur », a déclaré depuis la Maison Blanche le président Barack Obama dans une intervention spéciale. Par ailleurs, « nous ne savons pas si le tireur avait l’intention de s’attaquer à des policiers, ou s’il les a abattus alors qu’ils répondaient à un appel », a insisté le président américain.

Le tireur abattu

L’homme qui a tiré sur les policiers « a été abattu et est mort », a annoncé de son côté, le colonel Mike Edmonson, le chef de la police de l’État de Louisiane, dans le sud-est des États-Unis. Outre les trois policiers tués, trois ont été blessés, dont l’un se trouve dans un état critique, ont précisé dimanche après-midi les responsables policiers.

Selon le récit du colonel Edmonson, les riverains d’une station de lavage de voiture ont téléphoné à la police en début de matinée dimanche pour les prévenir qu’un homme armé d’une arme longue et vêtu de noir se trouvait dans les parages. Des coups de feu ont éclaté très vite après l’arrivée des premiers policiers sur place, a expliqué le colonel Edmonson.

Une vidéo mise en ligne par la chaîne de télévision locale WAFB9 montre des policiers arrivant sur les lieux de la fusillade et on peut distinctement entendre une succession de tirs espacés, puis un feu bref mais nourri.

La personnalité du tireur

D’après plusieurs médias américains, le tireur se nomme  Gavin Long. Âgé de 29 ans, il est originaire de Kansas City, dans le Missouri. C’est un ancien Marine qui a servi dans les forces américaines en Irak de juin 2008 à janvier 200.

Selon CBS, il est Africain-Américain. L’année dernière, il a fait légalement procéder au changement de son nom pour devenir « Cosmo Ausar Setepenra », une façon pour lui de marquer son appartenance proclamée à la Nation Washitaw, un groupe d’Africains-Américains disant être une nation souveraine au même titre que les Amérindiens aux États-Unis.

« La violence n’est pas LA réponse (c’est une réponse) », avait-il écrit sur son compte Twitter, par ailleurs rempli de propos dénonçant les Blancs. Toujours d’après les médias, l’un des policiers tués est noir.

Un acte « injustifiable »

« Rien ne peut justifier la violence » contre les policiers, a insisté le président américain. Dans son message de dimanche, le président Obama a mis en garde contre les dérapages politiques pendant les conventions qui vont désigner cette semaine et la semaine suivante les candidats républicain et démocrate à la Maison Blanche.

« Nous n’avons pas besoin de rhétorique enflammée, nous n’avons pas besoin d’accusations lancées à la légère pour marquer des points politiques », mais plutôt besoin d’ »approfondir notre unité et notre compréhension ».

« Notre pays est divisé et hors de contrôle », a réagi sur Twitter le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump. « Nous réclamons la loi et l’ordre », a-t-il ajouté, reprenant l’un de ses slogans de campagne.

Toujours sur WAFB9, le maire de Bâton-Rouge Kip Holden a appelé au calme, redoutant de nouvelles tensions. Depuis la mort le 5 juillet à Bâton-Rouge d’Alton Sterling, un Africain-Américain de 37 ans, abattu par un policier lors de son arrestation, la ville est marquée par de nombreuses manifestations contre les violences policières.

Sa mort avait été suivie le surlendemain par celle de Philando Castile dans le Minnesota, filmée en direct par sa petite-amie. C’est au cours d’une des nombreuses manifestations pour dénoncer les violences policières qu’un homme seul a abattu cinq policiers à Dallas le 7 juillet avant d’être tué par les forces de l’ordre.

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