Sport

JO 2016 : Issoufou Alfaga Abdoulrazak, l’espoir du Niger en taekwondo

Issoufou Alfaga Abdelrazak, spécialiste nigérien du taekwondo, à l'entraînement le 8 février 2016. © Issoufou Alfaga Abdelrazak/Facebook

Il rêve d'apporter au Niger la deuxième médaille olympique de son histoire. Qualifié en taekwondo, Issoufou Alfaga Abdoulrazak entrera-t-il dans l’histoire de son pays au Brésil, aux Jeux de Rio ? Avant l’échéance, voici ce qu’il faut savoir sur l’espoir nigérien de 20 ans, qui concourt le 20 août.

Un héritier de Daba Modibo Keïta

De ses premiers pas sur le tatami en 2001, Issoufou Alfaga Abdoulrazak ne garde qu’un vague souvenir de son club du quartier Jangorzo. Orphelin de père et de mère, il y débute avec ses frères, mais après la mort d’un cousin sur le tatami, sa famille lui interdit la pratique du taekwondo. Trois ans plus tard, habitant chez un oncle au Togo, près de la frontière béninoise, il s’inscrit cependant au Bénin où il s’engage dans le championnat local, qu’il remporte.

De retour au Niger en 2005, il intègre le club CHO de Niamey. Plusieurs fois champion national, son talent commence à dépasser les frontières. « C’est lors de la Coupe du monde francophone au Niger que ma passion a débuté en regardant le double champion du monde malien, Daba Modibo Keïta, combattre », explique-t-il à Jeune Afrique.

En décembre 2011, il participe à Ouagadougou, au Burkina Faso, à son premier tournoi international et remporte la médaille d’argent. Les podiums s’enchaînent ensuite. Deuxième du championnat d’Afrique en 2014, il finit par gagner sa place olympique pour les JO de Rio à Agadir en 2016, en finissant deuxième.

Un perfectionnement en Allemagne

Depuis quelques mois, Issoufou Alfaga Abdoulrazak est pensionnaire du Taekwondo Competence Center (TCC), situé à Friedrichshafen, à côté de Munich en Allemagne. Il s’y entraîne trois fois par semaine, notamment avec l’Algérien Romain Trolliet, le Tunisien Yassine Trabelsi et le Sénégalais Balla Dieye. « Pour être dans les mêmes conditions de préparation que les autres, j’ai voulu venir en Allemagne et je ne l’ai pas regretté, malgré la dureté des entraînements », raconte-t-il.

Une rigueur qui lui a apporté d’énormes progrès mais qui coûte tout de même 95 000 euros, que la bourse de l’athlète et le Comité olympique nigérien peinent à financer. Les Jeux de Rio pourraient remédier à ce problème. Une bonne performance lui ouvrirait un peu plus les portes du très haut niveau et de ses sponsors, dans l’objectif pas si lointain des JO 2020. « Le pays est plein d’athlètes talentueux qui ne demandent qu’à être aidés pour faire rêver tout un peuple », confie-t-il.

La meilleure saison de sa carrière

Vainqueur des Jeux africains en 2015, deuxième de l’épreuve de qualification pour les Jeux de Rio à Agadir (où il ne perd qu’en finale face au Tunisien Yacine Trabelsi), victorieux aux tournois de Luxor, en Égypte, et de Belgique cette année, Issoufou Alfaga Abdoularazak a réalisé, à 20 ans seulement, la meilleure saison de sa carrière. Il paraît en pleine progression.

S’il est aujourd’hui 13e mondial, le Nigérien peut rêver de créer la surprise et grimper sur le podium de ces Jeux. Particularité de sa catégorie de poids, les plus de 87 kilos, deux autres Africains prétendront à la médaille : le Tunisien Yassine Trabelsi (7e mondial) et le Gabonais Anthony Obame (4e mondial).

Une potentielle seconde médaille olympique du pays

« L’important, c’est de participer », entend-on souvent dès lors qu’il s’agit des Jeux olympiques. Si l’expression est attribuée à tort à Pierre de Coubertin, et qu’elle a plutôt été prononcée par un certain Ethelber Talbot, évêque de Pennsylvanie, elle ne manque pas de vérité, en particulier en ce qui concerne Issoufou Alfaga Abdoulrazak, d’ores et déjà star de son pays.

Mais le Nigérien jouera bien le podium à Rio. Premier taekwondoiste de son pays jamais qualifié aux Jeux, il tentera de décrocher la seconde médaille de l’histoire nigérienne après le boxeur Issaka Daborg en 1972, à Munich. Avant de revenir investir au Niger ? « J’ai comme projet d’ouvrir un centre d’entraînement au Niger pour former et encadrer les jeunes, mais j’aurai besoin du soutien des autorités », reconnaît l’athlète.

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