Politique économique

L’Angola réduit de 6 milliards de dollars son budget 2016

Vue de la baie de Luanda, capitale de l'Angola, le 24 février 2013. © Fabio Vanin/CC/Wikimedia Commons

Le gouvernement angolais a abaissé ses prévisions de croissance pour l'année 2016 à 1,3 %, contre 3 % annoncés auparavant. Le budget a été réduit de 6 milliards de dollars.

L’économie angolaise est dans une situation critique. C’est ce qui transparaît de la série de mauvaises nouvelles annoncées ce lundi 11 juillet par le ministère des Finances de ce pays pétrolier, durement affecté par le recul des cours de l’or noir.

Le gouvernement a ainsi réduit drastiquement sa prévision de croissance du PIB de l’Angola pour 2016, ramenée à 1,3 %, contre un taux de 3 % annoncé plus tôt cette année. C’est le plus faible taux de croissance de l’économie angolaise depuis le début des années 2000.

Baisse nette des dépenses prévues en 2016

Le ministère des Finances a également annoncé une baisse très nette des dépenses budgétaires prévues cette année. Alors que la loi de finances tablait sur 30 milliards de dollars de dépenses en 2016, le gouvernement ne prévoit désormais plus que 24 milliards de dollars, soit une baisse de 6 milliards de dollars.

Conséquence directe de la chute des prix du pétrole – environ 50 dollars le baril aujourd’hui, contre plus de 100 dollars mi-2014 et près de 65 dollars mi-2015 -, les recettes budgétaires sont également en recul. Luanda ne table désormais plus que sur 18 milliards de dollars de recettes fiscales, contre 24,4 milliards de dollars prévus dans la loi budgétaire.

Le déficit budgétaire, prévu à -5,5 % du PIB devrait attendre -6 % cette année.

Plus de 11 milliards de dollars empruntés

Dans son communiqué, le gouvernement angolais est revenu sur sa décision de renoncer à un prêt du Fonds monétaire international. Le recours au FMI a été initié, explique Luanda, alors que « les cours du pétrole atteignaient des niveaux très bas, avec la perspective qu’ils atteignent un palier de 20 dollars le baril ».

La légère reprise des cours, qui se situent désormais au-dessus du niveau que prévoit le gouvernement (41 dollars le baril, contre 45 dollars dans la loi de finances initiale), allège les craintes des autorités angolaises.

Le pays a également pu bénéficier d’appuis externes très importants, notamment auprès de Pékin. Entre novembre 2015 et juin 2016, l’Angola a pu mobiliser  11,46 milliards de dollars, dont une ligne de crédit de milliards de dollars accordée par la China Development Bank et des crédits à l’exportation d’une valeur d’environ  2 milliards de dollars apportés par des institutions financières de l’empire du Milieu.

Le gouvernement a toutefois tenu à rappeler les efforts entrepris pour limiter ses déficits, alors que la dette du pays atteint désormais 47,9 milliards de dollars, dont 25,5 milliards de dollars de dette extérieure.

« Le gouvernement a éliminé les subventions sur le prix du diesel en janvier 2016 et conduit [un effort] continu de réduction des dépenses liées à des projets non-essentiels », explique le ministre des Finances.

Les autorités angolaises s’engagent à poursuivre « les progrès dans la mise en œuvre des réformes structurelles visant à élargir l’assiette fiscale, à assurer la diversification des sources de revenus et à améliorer l’efficacité des dépenses publiques – des initiatives qui ont été récemment saluées par le FMI », rappelle le communiqué du gouvernement.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !