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CAN 2015 : Mali – Guinée, pourquoi le tirage au sort de la CAF ne passe pas

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Mis à jour le 30 janvier 2015 à 09:07

L’image de la Confédération africaine de football est sortie écornée du tirage au sort organisé jeudi pour départager la Guinée et le Mali. Le procédé a souri au Syli national, mais a laissé un goût très amer aux Aigles, et pas seulement à cause de leur élimination. Explications.

Tirage au sort sans la présence d’huissiers

La Guinée, à égalité parfaite avec le Mali après le premier tour, a été qualifiée, le jeudi 29 janvier, au tirage au sort pour les quarts de finale de la CAN-2015. Une issue invraisemblable, expédiée en deux minutes et sans huissier, un procédé très léger qui frappe par son manque de professionalisme et ternit l’image de la CAF et de sa compétition-phare.

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Organiser le tirage au sort en présence d’huissier n’est certes pas une obligation, mais il est recommandé d’en avoir un pour éviter toute possible contestation dans le mode opératoire de désignation et surtout pour donner à la loterie un caractère officiel et solennel. Ce qui n’était pas le cas du tirage organisé à Malabo, capitale de la Guinée équatoriale, par la Confédération africaine de football (CAF).

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Pas de mains innocentes pour le tirage au sort

Outre l’absence d’huissiers, la CAF n’a pas prévu non plus une tierce-personne pour tirer les boules du destin. La lourde charge en a incombé à des représentants des deux pays concernés : le président de la Fédération malienne de footaball, Boubacar Baba Diarra, et le directeur financier du ministère des Sports guinéen, Amara Dabo.

La courte cérémonie a débuté par une allocution du secrétaire général de la CAF, le Marocain Hicham El Amrani, qui a lui-même introduit dans les boules les deux feuilles portant les inscriptions "2" (synonyme de 2e place de la poule et donc de qualification) et "3" avant de tenter tant bien que mal de mélanger les boules à l’abri des regards. Une scène surréaliste qui témoigne de l’improvisation totale qui a prévalu dans la préparation du tirage.

 

 

"Critère extra-sportif"

Après le tirage au sort, Boubacar Baba Diarra n’a pas manqué de dénoncer le recours au hasard pour départager les deux formations, estimant que cela constituait "la pire des cruautés". "On aurait préféré perdre sur des critères sportifs mais pas sur des critères extra-sportifs. La CAF doit revoir son mode opératoire", a-t-il déclaré.

"Il faut qu’on revoie le règlement, a-t-il ajouté. On aurait pu imaginer des subterfuges, par exemple au début de la compétition, commencer à compter les corners, les coups francs, jouer sur le fair-play mais pas perdre comme ça."

Critère du fair-play retiré

C’est la CAF qui s’est de fait elle-même placée dans une situation des plus inconfortables en réduisant au minimum les critères en cas d’uniformité des résultats entre plusieurs nations.

Selon le nouveau règlement de la CAN, entré en vigueur en 2014 et accepté par toutes fédérations selon la CAF, les équipes à égalité sont en effet séparées aux matches particuliers entre elles (points, différence de buts, meilleure attaque), puis à la différence de buts générale et à la meilleure attaque générale, un tirage au sort étant prévu en dernier recours. Or, lors de la CAN-2013, le fair-play entrait en ligne de compte et le pays ayant reçu plus de cartons jaunes ou de cartons rouges était éliminé. Mais ce n’est qu’une des solutions alternatives pour éviter le tirage au sort.

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(Avec AFP)