Politique

Terrorisme : qui sont les groupes jihadistes attirés par l’État islamique en Afrique ?

Images de propagande d'une vidéo de l'EI. © Capture d'écran

Alors que 30 personnes, en majorité des militaires, sont mortes aujourd'hui dans des attaques de la branche égyptienne de l'État islamique (EI) dans le Sinaï, tour d'horizon des groupes jihadsites attirés par l'EI ces derniers mois en Afrique.

Qu’est-ce qui pousse les groupes jihadistes implantés sur le continent africain a apporter leur soutien à l’État islamique, l’organisation qui contrôle de larges zones de l’Irak et la Syrie et appelle à tuer partout dans le monde des ressortissants des états membres de la coalition internationale qui le combat ?

Selon Fabrice Balanche spécialiste du Moyen-Orient à l’Université Lyon 2, les groupes jihadistes, notamment ceux faisant scission d’avec leur organisation d’origine, vont choisir l’État islamique lorsque la franchise al-Quaïda est déjà prise par un autre groupe implanté dans la même région.

>> Lire aussi : la branche libyenne de l’État islamique annonce l’exécution de deux journalistes tunisiens

L’État islamique est "à la mode"

Et le choix de l’État islamique s’impose d’autant plus que ce dernier "est à la mode", rappelle le chercheur. La jeunesse des membres de l’organisation, la stature de son autoproclamé calife Abou Bakr al-Baghdadi, la progression territoriale fulgurante de l’organisation incitent à y adhérer, liste Frédéric Balanche.

Prêter allégeance à l’EI est aussi un moyen de bénéficier de l’aura du groupe terroriste. "Ceux qui y adhèrent pensent que ça va leur apporter une reconnaissance internationale. Il ne faut pas oublier que prêter allégeance à l’État islamique ou à Al-Quaïda, c’est d’abord un moyen d’emballer dans une idéologie des actions crapuleuses".

Quatre groupes ont prêté allégeance ou apporté leur soutien à l’EI ces derniers mois en Afrique, dans les pays du Maghreb. Les groupes jidahistes de la zone Sahélienne restant eux affiliés à Al-Quaïda. Et Boko Haram qui sévit au Nigéria est "assez puissant pour ne pas avoir besoin de s’envelopper d’une légitimité venue de l’EI ou d’Al-Quaïda" selon Fabrice Balanche.

>> Lire aussi : Largement consacré à Boko Haram, le sommet de l’UA s’est ouvert à Addis-Abeba

Les milices tunisiennes d’Okba Ibn Nafaa

Okba Ibn Nafaa, fondée en 2012, basée en Tunisie, a déclaré le 20 septembre apporter son soutien à l’État islamique. Le groupe se disait jusqu’à cette date membre d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Retranchée sur les pentes boisées du Jebel Chaambi, les milices d’Okba Ibn Nafaa ont commis plusieurs attentats contre les forces de l’ordre dans cette zone située près de la frontière algérienne où transite illégalement tous les jours des milliers de marchandises.

En Algérie, les soldats du califat

Créé par des dissidents d’Aqmi, Jund al-Khilafah ("les soldats du califat") se sont fait connaître en enlevant et tuant le guide français Hervé Gourdel.  Une semaine avant l’enlèvement, son dirigeant, Abdelmalek Gouri, alias Khaled Abou Slimane (tué par l’armée algérienne en décembre), avait signé un communiqué faisant allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi.

>> Pour aller plus loin : Jund al-Khilafa, des "soldats" pas si inconnus

 Le groupe Ansar Beit al-Maqdis devenu la branche égyptienne de l’État islamique

Le groupe égyptien Ansar Beit al-Maqdis, implanté dans le Sinaï, a annoncé le 10 novembre son allégeance à l’État islamique. Cette allégeance est la plus importante dans la région. Très bien implanté dans le Sinaï, Ansar Beit al-Maqdis est le principal groupe terroriste du pays. Comme Okba Ibn Nafaa, il se revendiquait plutôt jusque-là de la  mouvance Al-Qaïda

>> Pour aller plus loin : Que signifie l’allégeance du principal groupe terroriste du pays à l’État islamique ?

La branche libyenne de l’État islamique

La branche libyenne de l’État islamique a revendiqué l’attentat contre l’hôtel Cornthia cette semaine. C’est la troisième attaque revendiquée par le groupe terroriste en un mois à Tripoli. Le samedi 17 janvier notamment, l’ambassade d’Algérie, alors fermée, avait été touchée par une explosion qui avait fait trois blessés dont un policier.

>> Lire aussi : Trois questions sur l’attaque de l’hôtel Corinthia 

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