Société

Sénégal : Macky Sall veut retirer les enfants talibés des rues

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 07 juillet 2016 à 08h52
Le président sénégalais Macky Sall à Abuja le 14 mai 2016.

Le président sénégalais Macky Sall à Abuja le 14 mai 2016. © AFP

Le président sénégalais a ordonné de mettre fin à la mendicité organisée des enfants, appelés localement « talibés », menaçant de sanctions ceux qui poussent les mineurs à quémander. Ils sont plusieurs dizaines de milliers à mendier dans les rues de Dakar.

« J’ai donné des instructions très fermes au gouvernement pour mettre un terme à cette image insoutenable d’enfants abandonnés dans la rue », a déclaré le président sénégalais Macky Sall devant la presse le 6 juillet, après la grande prière à l’occasion de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du ramadan. « Ce n’est pas parce qu’ils sont issus de milieux pauvres ou modestes qu’on doit les laisser à la merci de la rue », a-t-il dit.

Le 1er juillet, Macky Sall avait déjà annoncé son intention sur Twitter. « J’ai ordonné le retrait d’urgence des enfants des rues », avait-il déclaré sur le réseau social, invoquant « la protection des droits des enfants et groupes vulnérables ».

Une pratique illégale

D’après une étude gouvernementale réalisée en 2014, plus de 30 000 talibés, dont beaucoup sont originaires des pays voisins, mendient chaque jour rien qu’à Dakar, la capitale sénégalaise, pieds nus et en haillons.

Selon divers témoignages, les talibés sont généralement confiés à des maîtres coraniques, à la tête de « daara » (écoles coraniques, en langue wolof), qui les font vivre dans la précarité, les exploitent en les forçant à mendier et à rapporter des quotas journaliers d’argent et de denrées, sous peine d’être battus.

Cette pratique persiste en dépit d’une loi de 2005 interdisant la mendicité forcée et qui punit ses auteurs de deux à cinq ans de prison et d’amendes.

Précédents

Ce n’est pas la première fois que les autorités sénégalaises annoncent l’interdiction de la mendicité des « talibés ». Durant la présidence d’Abdoulaye Wade, une mesure similaire avait été prise en 2010. Selon des observateurs, il est difficile de faire appliquer l’interdiction compte tenu de l’hostilité de nombreux guides religieux, très influents au Sénégal.

« Tout le pays doit se mobiliser » contre la mendicité des enfants, a renchéri Macky Sall, anticipant les réserves. « Ce n’est pas une question religieuse », a-t-il insisté. « Les vrais « daara » qui enseignent ne laissent pas leurs « talibés » traîner » jour et nuit dans les rues, « cela n’a rien à voir avec l’islam ».

« Ceux qui continueront à vouloir s’adonner » à cette pratique s’exposeront « à la rigueur de la loi », a averti le président sénégalais. Pour le moment, il s’agit de pédagogie », de « travailler ensemble pour éradiquer l’exploitation des enfants », a-t-il ajouté.

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