Culture

Bénin : « Dansons maintenant ! », voyage dans la musique des années 1960-1980

Affiche du festival Dansons ensemble.

Affiche du festival Dansons ensemble. © Dansons ensemble

La danse contemporaine africaine prend à nouveau ses quartiers à Cotonou, au Bénin. Jusqu’au 8 février, la Fondation Zinsou, qui fête cette année ses dix ans, réunit 55 chorégraphes et danseurs pour la troisième édition de son festival "Dansons maintenant !" qui a pour thème unique : la musique des années 1960 à 1980.

Et si la danse-prière de Germaine Acogny, qui dansait pour la première fois dans son pays d’origine, et marraine du troisième festival "Dansons ensemble", avait eu l’effet escompté ?  Le succès des différents spectacles d’ouverture, le 31 janvier Place-des-Martyrs et à l’Institut français, le donne à penser. D’abord  celui d’"Africaman original", une performance vidéo-danse du Nigérian Qudus Onikeku. Entre musique, danse et images d’archives (vidéo d’Isaac Lartey), c’est un regard sur l’univers de Fela Kuti, qu’il imagine danseur plutôt que musicien. Onikeku tente de poursuivre à sa manière le travail d’éveil des consciences du musicien en proclamant l’existence d’une esthétique purement africaine, géniale, comparable à n’importe à quelle autre au monde. Dans une débauche d’énergie et de fluidité, le geste élégant, le chorégraphe plaide ainsi pour le retour aux années 1970, période faste de la création artistique africaine, rejetant le "copier-coller" des cultures venues d’ailleurs que véhicule la télévision. La force d’"Africaman original" tient aussi à la connivence avec le public, qui finalement fait partie intégrante du spectacle.

Système de routine

Chez Patrick Acogny, la restitution de deux semaines d’ateliers de danse ne raconte pas grand-chose, mais remplit sa mission. Sous sa houlette, une dizaine de danseurs s’incarnent en leurs parents, le temps d’une danse, d’un bal. Par des musiques et des danses venues d’une autre époque, ils suggèrent des modes de vie, un vécu politique. Et la magie opère. Comme avec "Root in" de Marcel Gbeffa, certes plus sombre. L’élève de Germaine jette un regard inquiet sur un demi-siècle d’histoire en se demandant si les choses ont avancé, stagné ou empiré. Et les différents tableaux qu’il offre laisse transparaître sa vérité, implacable : coups d’État, attentats et guerres s’installent en Afrique et donnent lieu à un système de routine dans lequel les populations se confondent entre silence, peur et révolte.

Célèbres ou peu connus, les artistes semblent jusqu’ici respecter parfaitement leur cahier des charges : développer chacun leur vision des années 1960 à 1980, à travers un voyage musical. Simultanément se tient à la Fondation Zinsou une exposition sur le même thème, "African Records", organisée par Florent Mazzoleni. D’autres surprises attendent le public, avec notamment le Burkinabé Seydou Boro ou encore Fatou Cissé. Les organiseurs, eux, espèrent faire aussi bien qu’en 2012 : ils avaient réuni plus de 4000 spectateurs.

>> Lire aussi : Omedeto Fugard, l’Afrique et la Fondation Zinsou !

 

 

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