Politique

Burundi : reprise des pourparlers, toujours sans l’opposition

Relancé en mai après plusieurs mois de blocage, le dialogue inter-burundais doit reprendre ce samedi à Arusha, la capitale tanzanienne. Une fois encore, la principale coalition d’opposition, le Cnared, devrait être absente.

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Mis à jour le 4 juillet 2016 à 18:20

Une patrouille de police dans le quartier de Musaga, foyer de la contestation à Bujumbura, le 20 juillet 2015 © Jerome Delay/AP/SIPA

« Le prochain round du dialogue de sortie de crise au Burundi est prévu du 9 au 12 juillet à Arusha, a annoncé sur Twitter Macocha Tembele, secrétaire particulier de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, désigné comme facilitateur dans le conflit burundais.

La liste des invités n’a pas été officiellement communiquée. Mais, selon un diplomate occidental ayant requis l’anonymat, la médiation va une nouvelle fois inviter les mêmes partis et organisations de la société civile que lors de la relance du dialogue en mai.

La présence du Cnared, ligne rouge pour le régime de Nkurunziza

Malgré les pressions de la communauté internationale, le pouvoir refuse (toujours) de s’asseoir à la même table que le Cnared, la principale coalition des partis d’opposition burundais, qu’il accuse d’être liée à la tentative de coup d’Etat des 13 et 14 mai 2015.

De son côté, le Cnared maintient sa position. Lors de la session précédente, faute d’avoir été invités en tant que représentants du CNARED, les membres de la coalition de l’opposition avaient appelé au boycott des pourparlers et condamnés la présence de quelques uns de ses rares membres, qui s’étaient rendu à Arusha à titre individuel.

Pour s’en prémunir, le Cnared a fait signer à ses membres un acte d’engagement qui prévoit, au cas où le Cnared ne serait pas invité en tant que tel, l’exclusion automatique de tout parti ou personnalité qui ira à l’encontre de cette décision, a expliqué à l’AFP Jérémie Minani, son responsable de la communication.

On risque de se retrouver avec la même configuration

« Le premier rendez-vous d’Arusha avait réuni le gouvernement burundais avec ses seuls alliés pratiquement. On risque de se retrouver avec la même configuration une fois encore », a réagi auprès de l’AFP l’ancien président burundais Domitien Ndayizeye, se demandant où veut en venir Mkapa avec une telle stratégie.

Même si ce dernier avait rencontré les 10 et 11 juin à Bruxelles les dirigeants du Cnared qui s’étaient d’ailleurs dit satisfaits de la rencontre, le facilitateur tanzanien semble avoir à nouveau cédé à la pression de Bujumbura. « Si le Cnared n’est pas invité, si les figures de la société civile en exil ne sont pas invitées, je ne vois pas ce que j’irais faire à Arusha. J’espère qu’on ne va pas en arriver là », a prévenu l’ancien dirigeant burundais, qui est lui-même membre du Cnared et était présent en mai à Arusha.

Plus de 500 morts depuis avril 2015

Depuis le début de la crise en avril 2015, provoquée par l’annonce de la candidature du président Nkurunziza à sa réélection pour un troisième mandat, les violences ont déjà fait plus de 500 morts. Et d’après le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés, plus de 270 000 Burundais ont fait le choix de l’exil.