Société

L’argent des Africains : Olivier, directeur commercial en Côte d’Ivoire – 456 euros par mois

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Mis à jour le 27 juillet 2016 à 14h56
Olivier N’guéttia, le 28 juin 2016.

Olivier N'guéttia, le 28 juin 2016. © DR

À 25 ans, Olivier est directeur commercial au sein d’une entreprise de vente et location de véhicules alloués au secteur du BTP. Dans ce nouvel épisode de l’argent des Africains, il nous raconte comment il arrondit ses fins de mois.

« Quand j’étais enfant, j’aimais beaucoup compter l’argent, j’adorais ça en fait ! En plus, à l’école j’étais plutôt bon en mathématiques ». Les chiffres ont toujours été une passion pour Olivier, né dans la ville ivoirienne de Bingerville. Encouragé par sa famille, Olivier opte pour des études de comptabilité.

Une fois son diplôme de l’Ecole Supérieur de Commerce Cocody-Abidjan obtenu, Olivier multiplie les expériences et fait ses preuves, notamment au sein du Cepici principal guichet de l’investissement direct en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui il est le directeur commercial de Nkoua Entreprise, un établissement spécialisé dans la vente et location de voitures allouées au domaine du BTP.

456 euros de revenus

Le jeune homme perçoit un salaire de 304 euros, une somme qu’il estime inférieure à ce que devrait percevoir un directeur commercial, d’autant plus que ce pécule ne lui permet vraiment pas de joindre les deux bouts. Il donne donc des cours particuliers d’espagnol et de comptabilité-gestion à des étudiants, ce qui lui rapporte la somme de 152 euros chaque mois.

Avec 456 euros de revenus mensuels, la situation d’Olivier est assez confortable, quand on sait qu’en Côte d’Ivoire 46% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, situé à moins 1 dollar par jour.

Alimentation 152 euros

C’est à Cocody Riviera Faya qu’Olivier s’est installé, dans un studio qu’il loue pour 68 euros par mois. Par ailleurs, la consommation d’électricité (11 euros), d’eau (2,6 euros) et la ligne téléphonique (30,40 euros), représentent, pour lui, des pôles de dépenses essentiels. Célibataire et sans enfants, le jeune directeur commercial affirme allouer la somme de 152 euros à son alimentation.

DR

Olivier, le 22 juin 2016. © DR

« Dieu merci grâce à mon nouveau job, j’ai maintenant un véhicule à ma disposition ». L’obtention de cette voiture de service est une belle aubaine, pour le jeune homme qui avait pour habitude de sillonner Abidjan en véhicules partagés communément appelés Badjan ou Gbwaka. Il achète donc du carburant pour la somme de 7,5 euros chaque semaine, ce qui représente environ 30 euros chaque mois.

Pas très fêtard, le jeune homme est surtout concentré sur la construction de son avenir et veille à se bâtir une solide réputation dans le domaine de la comptabilité et de la finance.

Il préfère consacrer son argent à l’habillement. Ainsi, tous les trois mois, il parvient à « dégager » environ 53 euros, qui vont généralement servir à l’achat de tissu et la confection de chemises et pantalons sur-mesure. Pour se faire ainsi plaisir, Olivier prévoit environ 19 euros chaque mois.

Taux de conversion établi à 1 euro =656.281 francs CFA au 4 Juillet 2016

38 euros pour venir en aide à sa mère

Bien que vivant seul dans la capitale ivoirienne, Olivier « n’oublie pas ceux qui l’ont soutenu, ni d’où il vient ». Il prévoit environ 15 euros chaque mois afin de subvenir aux besoins de ses proches et soutenir sa communauté religieuse. « Mon père est décédé alors que j’étais en classe de CM1, c’est ma mère qui nous a scolarisés, moi et mes 5 frères et sœurs. Fatiguée par ces efforts, elle est allée se reposer à la campagne et je lui envoie 38 euros tous les mois », ajoute t-il. Enfin, il lui reste 90 euros, qui s’ils ne sont pas attribués à des dépenses imprévues, seront simplement épargnés.

Car Olivier a de grandes ambitions. Visant l’expertise comptable, il s’est inscrit à une formation auprès du Groupe Csi-Pôle Polytechnique, en vue de l’obtention d’un diplôme d’ingénieur en Expertise Financière, Banque et Assurance, dont les frais de scolarité s’élèvent à 4864 euros.

« Je dois vivre plusieurs expériences afin de valoriser ma carrière et l’orienter au mieux vers l’univers de la finance » déclare t-il. Olivier caresse en effet le rêve de mettre sur pied son propre établissement de microfinance, un secteur en plein développement en Côte d’ivoire.

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