Droits de l’homme

Kenya : un avocat défenseur des droits de l’homme retrouvé sauvagement assassiné, trois policiers arrêtés

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 01 juillet 2016 à 18h08
Manifestation de l'opposition,  dans le bidonville de Kibera, à Nairobi, la capitale kényane, le 14 juin 2016.

Manifestation de l'opposition, dans le bidonville de Kibera, à Nairobi, la capitale kényane, le 14 juin 2016. © Ben Curtis/AP/SIPA

Identifié par ses pairs, le corps mutilé de Willie Kimani, avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme, a été retrouvé jeudi soir, au sud-est de Nairobi. Trois policiers soupçonnés d’être impliqués dans le meurtre ont été arrêtés.

« Les corps sont dans un piteux état. Il semble que les victimes aient été abondamment torturées avant d’être tuées », a déclaré Me Duncan Kinuthia, un proche de Willie Kimani, après avoir identifié le corps de ce dernier à la morgue.

Le corps du jeune avocat a été retrouvé jeudi 30 juin dans la soirée, recouvert d’un sac et flottant sur la rivière Ol Donyo Sabuk, au sud-est de Nairobi. Inerte, mutilé et les yeux comme exorbités, il se trouvait à côté d’un autre corps également enroulé dans une bâche, tandis qu’un troisième, aperçu sur la rivière, a été récupéré le lendemain.

Un avocat spécialisé dans les droits de l’homme

Willie Kimani était un jeune avocat spécialisé dans les droits de l’homme, œuvrant pour l’organisation International Justice Mission (IJM). Il avait défendu de nombreux prisonniers politiques et des victimes d’abus de l’État kényan.

Il avait disparu le 23 juin avec son client, Josephat Mwenda, et leur chauffeur de taxi, Joseph Muiruri, après une audience au tribunal de Makovo, en banlieue de Nairobi. Josephat Mwenda accusait la police locale de l’avoir harcelé et intimidé afin qu’il abandonne la plainte contre un haut responsable des forces de l’ordre qui, disait-il, lui avait tiré dessus sans raison, en avril 2015.

Un jour sombre pour l’État de droit au Kénya

« Nos pires craintes sont confirmées. Les avocats et les citoyens sont en danger d’être éliminés par des escadrons de la mort de la police », a déclaré le président du barreau kényan, Isaac Okero. « Il s’agit d’un jour sombre pour l’État de droit au Kenya », a-t-il ajouté.

Trois policiers arrêtés

« Trois policiers ont été arrêtés en lien avec ces meurtres, dont un haut responsable impliqué dans le procès », a assuré vendredi soir le chef de la police kényane, Joseph Boinnet, qui a confirmé que les trois corps retrouvés sont bien ceux des trois hommes.

« Il y a des preuves circonstancielles liant trois officiers au meurtre des trois (hommes, ndlr), ils doivent répondre de plusieurs charges, dont meurtre », a-t-il ajouté.

La veille de cette découverte macabre, mercredi soir, des avocats kényans avaient manifesté devant la Cour suprême. Dans un communiqué, onze organisations des droits de l’homme avaient accusé la police d’avoir enlevé les trois victimes. Selon le texte, des éléments de preuve convaincants indiquaient que Willie Kimani avaient été détenu illégalement au commissariat de Syokimau pendant un certain temps.

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