Elections

RD Congo : Katumbi sort de son silence et appelle Kabila à quitter le pouvoir le 20 décembre

Moïse Katumbi, opposant congolais et candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo. © Gwenn Dubourthoumieu/J.A.

Moïse Katumbi a appelé jeudi le président de la RD Congo à "assurer une alternance démocratique, pacifique et transparente dans le strict respect des délais constitutionnels." L'opposant est également revenu sur ses récents ennuis judiciaires.

C’est sur Twitter que Moïse Katumbi a choisi, le 30 juin, de s’exprimer pour la première fois depuis son inculpation dans une affaire de recrutement de présumés mercenaires et sa condamnation à trois ans de prison ferme dans un litige immobilier.

Vers 19h, le dernier gouverneur de l’ex-Katanga a partagé avec ses quelque 109 498 followers un message adressé à ses compatriotes dans le cadre du 56e anniversaire de l’indépendance de la RD Congo. L’occasion pour le candidat déclaré à la présidentielle d’interpeller le chef de l’État Joseph Kabila.

Kabila risque d’enfoncer notre pays dans une crise plus grave.

« Lors de son discours à la nation du 29 juin 2016, le président Joseph Kabila (…) avait l’opportunité d’ouvrir une nouvelle ère de notre pays en apportant notamment des garanties concrètes à l’organisation de l’élection présidentielle en 2016, conformément à notre Constitution », estime Katumbi, prévenant que « cette opportunité ratée et le flou entretenu par ce discours risquent au contraire d’enfoncer notre pays dans une crise plus grave ».

Saluant le « Rassemblement » de l’opposition autour de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, Moïse Katumbi soutient que « le 20 décembre 2016 [au lendemain de la fin du second mandat constitutionnel du président sortant, ndrl], Joseph Kabila ne dirigera plus la RD Congo ». « Il lui revient d’assurer une alternance démocratique, pacifique et transparente dans le strict respect des délais constitutionnels », ajoute-il.

Katumbi dénonce un « grossier montage »

Moïse Katumbi est également revenu sur ses derniers ennuis judiciaires. « Déjà mis en cause dans une affaire de mercenaires imaginaires, j’ai été condamné dans une affaire immobilière inventée de toutes pièces », écrit-il, dénonçant un « procès [qui] repose sur un grossier montage dont l’objectif est de tenter d’empêcher ma candidature à la présidentielle et nuire à ma réputation ».

En l’autorisant le 20 mai à quitter la RD Congo après son inculpation dans l’affaire de recrutement de présumés mercenaires étrangers, le parquet avait cependant astreint Moïse Katumbi au devoir de réserve.

Le non respect de cette condition pourrait conduire au retrait de la permission qui lui été accordée d’aller se soigner à l’étranger, avait d’ailleurs souligné Flory Kabange Numbi, le procureur général de la République.

Réponse de Kinshasa

La réaction du gouvernement congolais ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué publié le 1er juillet, son porte-parole Lambert Mende a dénoncé « la longue diatribe de M. Moïse Katumbi à l’encontre du président Joseph Kabila ».

Pour lui, les propos de l’opposant sont une « tentative pathétique de détourner l’attention et [de] distraire l’opinion publique au sujet de ses multiples ennuis avec la justice de son pays ».

« C’est la déclaration d’un condamné de justice qui tente désespérément, et maladroitement, de rassembler ses forces pour se défendre du forfait qui lui est reproché », a ajouté Lambert Mende.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte