Justice

Sénégal : le PDS manifeste, Abdoulaye Wade vole au secours de son fils Karim

| Par Jeune Afrique
Abdoulaye Wade aux côtés de sa femme Viviane, sur la place de l’Obélisque à Dakar, le 4 février

Abdoulaye Wade aux côtés de sa femme Viviane, sur la place de l'Obélisque à Dakar, le 4 février © AFP

Après avoir vu plusieurs de leurs rassemblements interdits par les autorités, les militants du rassemblement du PDS (Parti démocratique sénégalais) ont finalement pu manifester mercredi. Présent, l’ancien président Abdoulaye Wade a une nouvelle fois demandé la libération de son fils Karim.

Abdoulaye Wade en première ligne

"Celui qui ne se bat pas lorsqu’on arrête son fils est un lâche", a déclaré mercredi 4 février l’ancien président Abdoulaye Wade, 88 ans. Karim Wade, jugé depuis juillet 2014 pour enrichissement illicite présumé, "ne sera pas condamné parce que je ne permettrai pas à ce tribunal, ce machin, de (le) juger. Je suis prêt à donner ma vie" pour l’empêcher", a-t-il poursuivi.

"(Le président) Macky Sall n’a qu’à prendre les dossiers de la Crei (la Cour spéciale qui juge Karim Wade, NDLR), les amener devant les tribunaux ordinaires, et que des ministres comme Karim soient jugés par la Haute cour de justice", une juridiction spéciale chargée de juger les responsables, a déclaré l’ex-président Wade

Il a récusé le président de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), "une juridiction d’exception" créée selon lui pour éliminer "des adversaires aux prochaines élections" présidentielles prévues en 2017, et "exigé" la libération des "otages".

>> Pour aller plus loin : Abdoulaye Wade décline l’invitation de Macky Sall au sommet de la Francophonie

"Tous ces gens n’ont rien fait", a-t-il martelé avant d’ajouter que les "interventions" de chefs d’État pour demander la libération de Karim Wade, probable candidat à la prochaine présidentielle, étaient "une chose normale". Abdoulaye Wade a récemment déclaré à la presse que les présidents de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara et du Congo, Denis Sassou Nguesso, étaient intervenus auprès de Macky Sall pour une libération de Karim Wade.

Meeting autorisé

L’ancien président s’exprimait lors d’un meeting organisé Place de l’Obélisque, dans un quartier populaire de Dakar près du centre-ville, par le Front patriotique pour la défense de la République (FPDR), une coalition de l’opposition dont la principale composante est le PDS (Parti démocratique sénégalais).

Un meeting, cette fois autorisé par les autorités, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes. La manifestation, encadrée par la police anti-émeutes, s’est déroulée sans incident.

Plusieurs rassemblements de l’opposition avaient été interdits et dispersés fin janvier, provoquant des heurts avec les forces de l’ordre. "J’ai entendu la main tendue de Maître Wade et je l’accepterai sans souci", avait réagi lundi le président Macky Sall en marge d’une cérémonie.

Un procès dans l’impasse

Cette passe d’armes intervient alors que le procès de Karim Wade, qui a repris le 20 janvier, est dans l’impasse. Le principal accusé, qui dénonce "une parodie de justice", refuse d’assister aux audiences, les avocats des différents prévenus ont annoncé leur retrait du procès.

"Nous refusons de cautionner une parodie de justice, confie à Jeune Afrique Moïse Ndior, l’un des avocats d’Ibrahim Aboukhalil (alias Bibo Bourgi). Les avocats de la défense sont tout juste tolérés, mais dès que nos questions dérangent la cour, on nous coupe la parole alors que, dans le même temps, le Parquet spécial est libre d’interroger les témoins comme bon lui semble."

>> Lire aussi : le procès de Karim Wade dans l’impasse

Outre Karim Wade, en détention préventive depuis avril 2013, plusieurs responsables du Parti démocratique sénégalais (PDS, ex-parti au pouvoir), dirigé par Abdoulaye Wade, et une dizaine de "complices" présumés de son fils, sont en prison ou jugés pour enrichissement illicite présumé.

(Avec AFP)

 

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer