Politique

Algérie : deux responsables de filiales de Cevital et une fonctionnaire écroués

Mis à jour le 18 juillet 2016 à 11:46

Une voiture siglée El Khabar, le 3 mai 2016 à Alger. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

Trois personnes liées aux activités médiatiques du groupe Cevital ont été écroués le 24 juin pour fausses déclarations et abus de fonctions. Une affaire qui fait suite au gel du rachat du groupe de presse El Khabar par Issad Rebrab.

Mahdi Benaissa, le directeur de Ness Prod et de la chaîne KBC (filiales du groupe Cevital), Riyad Hartouf, le responsable de la production de l’émission « Nass Stah » ainsi que la directrice centrale au ministère de la Culture chargée notamment des autorisations de tournage, ont été placés ce jeudi 24 juin sous mandat de dépôt par un juge d’instruction du tribunal d’Alger.

Les trois prévenus sont poursuivis pour fausses déclarations et abus de fonctions, a appris Jeune Afrique auprès de l’avocate Fetta Sadat. Les trois personnes ont été longuement interrogées par la gendarmerie nationale depuis mercredi matin avant d’être présentées ce jeudi devant le procureur qui a ordonné leur mise en détention provisoire.

La justice avait ouvert une enquête sur les conditions d’obtention des autorisations pour le tournage de deux émissions Ness Stah et Kihna Kinass, des talk shows ou se mêlent infos, débats politiques, satires et sketchs.

Gel du rachat d’El Khabar par Issad Rebrab

Cette nouvelle affaire fait suite à une autre dans laquelle la justice, saisie par le gouvernement, a décidé, mercredi 15 juin, de geler le rachat du groupe de presse El Khabar par l’industriel Issad Rebrab, patron de Cevital, le groupe privé le plus puissant du pays.

Le tribunal administratif de Birmandreis a gelé « les effets de l’acte de rachat » d’El Khabar par Ness Prod, une filiale de Cevital.

Déjà propriétaire du quotidien francophone Liberté, Issad Rebrab a déboursé environ 40 millions d’euros pour acquérir le groupe El Khabar, connu pour son opposition au pouvoir du président Bouteflika.