Politique

Sénégal : ce que l’on sait de la libération de Karim Wade

Karim Wade, candidat officiel du PDS à la présidentielle de février 2019. © STR/AP/Sipa

Le fils de l'ex-président Abdoulaye Wade a été gracié dans la nuit de jeudi à vendredi par Macky Sall. Sorti de prison en pleine nuit, il s'est immédiatement envolé pour le Qatar.

Une libération en pleine nuit

Il est sorti de la prison de Rebeuss au beau milieu de la nuit. Gracié par Macky Sall, Karim Wade a quitté la cellule qu’il occupait depuis plus de trois ans vers 1h30 du matin, soit plus d’une heure avant la diffusion du communiqué de la présidence annonçant sa libération, diffusé par mail aux journalistes peu avant 3h du matin.

Le fils d’Abdoulaye Wade, qui avait été condamné en mars 2015 à six ans de prison ferme et 138 milliards de F CFA par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (Crei), s’est ensuite immédiatement rendu au domicile dakarois de Madické Niang, ancien ministre des Affaires étrangères de son père et cadre du Parti démocratique sénégalais (PDS).

Décollage immédiat pour le Qatar

Chez Madické Niang, Karim Wade retrouve le fils aîné du khalife général des mourides, avec lequel il s’entretient et prie quelques minutes. Il repart ensuite en direction de l’aéroport Léopold Sedar Senghor. Sur le tarmac l’attend l’avion du procureur général du Qatar, arrivé la veille à Dakar. Cela fait en effet deux mois que le petit émirat du Golfe, où Karim Wade a tissé un solide réseau sous la présidence de son père, mène une discrète médiation auprès de Macky Sall pour le faire libérer.

Entre 3h et 4h du matin, l’avion s’envole pour Doha, au Qatar, avec à son bord Karim Wade, le procureur général qatari et Madické Niang. Le prisonnier le plus célèbre du Sénégal, dont la libération était attendue avec impatience par son camp, a donc quitté le territoire national en catimini, dans la foulée de sa libération, sans faire de déclaration ni dire de mots à ses quelques partisans croisés sur le chemin de l’aéroport.

Silence des autorités

S’exprimant devant la presse nationale et internationale vendredi matin, Sidiki Kaba, le ministre sénégalais de la Justice, a refusé de commenter le brusque départ de Karim Wade au Qatar à peine sorti de prison. Il a affirmé que le président avait décidé de gracier le fils de son ancien adversaire pour des « raisons humanitaires » – ainsi qu’Ibrahim Aboukhalil, dit Bibo Bourgi, et Alioune Samba Diasse, co-accusés de complicité d’enrichissement illicite –  et qu’il n’y avait aucune volonté des autorités de cacher cette libération nocturne.

« Quand un décret de grâce présidentielle est pris, tout est mis en œuvre pour qu’il soit exécuté le plus rapidement possible, même tard dans la nuit », a  expliqué le Garde des Sceaux. « Une fois gracié, Karim Wade est libre d’aller où il veut, au Sénégal ou ailleurs. Si vous voulez savoir où il se trouve, allez lui poser la question », a-t-il aussi répondu aux journalistes qui le pressaient de répondre sur la destination du fils Wade.

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