Diplomatie

En soutenant le Bahreïn, le Maroc peine à se positionner entre l’Arabie saoudite et l’Iran

Le Roi du Maroc, Mohammed VI, lors de sa tournée dans le Golfe en avril 2016.

Le Roi du Maroc, Mohammed VI, lors de sa tournée dans le Golfe en avril 2016. © Abdeljalil Bounhar / AP / SIPA

Pourtant soucieux d’améliorer ses relations avec Téhéran, le Maroc vient d’apporter son soutien au Bahreïn après que ce dernier à décidé de déchoir de sa nationalité un opposant chiite. Une prise de position qui vient rappeler au royaume à quel point il est difficile de mener une diplomatie à géométrie variable dans le Golfe.

En apportant son soutien total au Bahreïn après que ce dernier a décidé de déchoir de sa nationalité un chef religieux chiite, le Maroc prouve qu’il est l’otage de la confrontation majeure entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, les deux théocraties sunnite et chiite du Golfe.

Le 21 juin, Issa Qassem, principal dignitaire chiite de cet émirat, a été accusé par Manama d’encourager « le confessionnalisme et de servir des intérêts étrangers », en allusion à l’Iran. Ce dernier n’a pas tardé à répondre que l’agression contre l’ayatollah est « une ligne rouge qui, une fois franchie, va enflammer Bahreïn et toute la région ».

Une réconciliation balbutiante

Dans ce nouveau conflit entre le mastodonte chiite et le petit émirat du Bahreïn – un premier accrochage a eu lieu en 2009-, le Maroc a choisi de soutenir ce dernier. Le 21 juin, le ministère des Affaires étrangères marocain s’est empressé de souligner que le Maroc « soutient le droit des autorités bahreïnies à prendre les mesures appropriées pour préserver son unité nationale dans le cadre des principes de citoyenneté et de coexistence pacifique ».

Le royaume se met encore une fois à dos le régime de Téhéran, avec lequel les relations ont pourtant commencé à se réchauffer depuis la nomination d’un ambassadeur iranien à Rabat. Mohamed Taqqi Mouayyad a pris ses fonctions en juin 2015 après six années d’un gel diplomatique provoqué par une déclaration de Téhéran qualifiant Bahreïn de « province iranienne ». Depuis, le régime des ayatollahs essaie de revenir en grâce auprès des autorités chérifiennes, qui n’ont pas encore désigné leur ambassadeur à Téhéran.

Un compromis difficile

Tout en restant méfiant, le Maroc a ouvert la voie à une relation cordiale avec un Iran de retour sur la scène internationale à la suite de la signature de l’accord sur le nucléaire. Une ouverture confirmée en janvier, au moment de la crise entre Riyad et Téhéran consécutive à l’exécution du cheikh chiite, Nimr Baqer al-Nimr, et pendant laquelle Rabat avait montré une certaine neutralité, appelant les deux pays à la retenue. Et en avril, la ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Mbarka Bouaida, avait reçu le vice-ministre des Affaires étrangères iranien, Amir Abdellahyane, pour dynamiser la relation. 

Mais la tournée de Mohammed VI dans les pays du Golfe en avril a montré que la voie du milieu entre l’Iran et l’Arabie Saoudite était pratiquement impossible, en tout cas tant que ces deux puissances se jaugeront dans leur course à la domination régionale. À la faveur d’un important partenariat politico-économique, Mohammed VI avait alors assuré les autres monarques sunnites de son soutien, les appelant à s’unir pour faire face à tout complot visant à porter atteinte à leur stabilité.

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