Justice

Assassinats de Belaïd et Brahmi : l’audition des ministres de l’Intérieur et de la Justice par l’Assemblée divise les députés

Manifestants portant le portrait de l'opposant tunisien Chokri Belaïd, le 6 août 2013 à Tunis. © Amine Landoulsi/AP/SIPA

Les ministres de l'Intérieur et de la Justice tunisiens ont été auditionnés mardi 21 juin par l'Assemblée des représentants du peuple réunie en séance plénière. Objectif : avoir connaissance des dernières avancées concernant les affaires d'assassinat des députés de gauche Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, abattus en 2013.

Le ministre de l’Intérieur Hédi Majdoub et le ministre de la Justice Omar Mansour ont été entendus mardi 21 juin par 115 députés au sujet des dernières avancées dans les affaires Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, farouches opposants au parti islamiste Ennahdha, tués devant leur domicile les 6 février et 25 juillet 2013. Prévue initialement le 16 juin, l’audition des deux membres du gouvernement avait été reportée de cinq jours à la demande du bloc Ennahdha, au grand dam des dirigeants du Front populaire.

L’audition discréditée

Avant que les deux ministres ne prennent la parole, plusieurs députés ont d’abord critiqué la légitimité de cette audition alors que le procès de l’assassinat de Chokri Belaïd dure depuis un an. Pour l’élue d’Ennahdha Farida Abibi, il s’agit ainsi « d’un procès parallèle d’une affaire en cours ainsi que d’une violation du secret de l’enquête ». « On peut auditionner le ministre concernant son ministère, non pas concernant des dossiers à la disposition des juges », a-t-elle ajouté.

Étonnée que l’audition soit ainsi discréditée, la députée du groupe social démocrate, Adnane Hajji a rétorqué : « Comment peut-on être contre cette séance de dialogue ? « , estimant que l’indépendance de la justice n’était pas remise en cause.

Plusieurs élus ont également dénoncé des zones d’ombre dans le dossier. À ce titre, Ahmed Seddik, du Front populaire, a déploré un traitement « faux, non sérieux et irresponsable », et ce dès le début de l’affaire.

« L’arme du crime n’est pas utilisée par les agents des forces de l’ordre »

S’exprimant en premier, le ministre de la Justice Omar Mansour est revenu sur les accusations adressées au juge d’instruction chargé de l’enquête, insistant sur le fait que le magistrat « a réalisé convenablement son travail, et contrairement à ce qui a été diffusé, le rapport de l’inspection a prouvé qu’il a effectué toutes les investigations nécessaires ».

De son côté, le ministre de l’Intérieur a indiqué que l’examen balistique a dévoilé que « l’arme du crime de type Beretta 92-93 n’est pas utilisée par les agents des forces de l’ordre ».

Jeudi dernier, l’audience devant le tribunal de première instance de Tunis a été reportée au 28 octobre prochain. À l’issue de cette journée, deux des accusés ont été libérés après l’établissement de leur non implication dans l’affaire.

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