Finance

En 2016, la Cnuced prévoit 55 à 60 milliards de dollars d’investissements étrangers en Afrique

Sur un chantier de construction de la centrale électrique de Gorou banda, le 15 janvier 2016. © Vincent Fournier/Jeune Afrique

Après un recul à 54 milliards de dollars en 2015, les flux d'investissements directs étrangers (IDE) à destination du continent africain devraient rebondir et atteindre 55 à 60 milliards de dollars cette année, selon le nouveau rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

La Cnuced a revu à la hausse le niveau des investissements directs étrangers reçus par les pays africains en 2015, dans son Rapport 2016 sur les investissements dans le monde.

En janvier dernier, l’instance onusienne estimait que les flux d’IDE vers l’Afrique avait lourdement reculé en 2015, baissant de -31,4 % à 38 milliards de dollars. Ces estimations provisoires du Global Investment Trends Monitor de janvier ont été drastiquement révisées à la hausse dans le rapport officiel annuel, le World Investment Report (WIR), rendu public ce jeudi 22 juin.

Selon les données de la nouvelle édition du WIR, les IDE vers l’Afrique ont atteint 54,1 milliards de dollars en 2015, soit un recul de -7,2 % par rapport aux résultats 2014 (réévalués à 58 milliards de dollars, contre 54 milliards annoncés dans la précédente édition du rapport).

 La part destinée à l’Afrique dans les flux mondiaux d’IDE a reculé de 4,6 % en 2014 à 3,1 % en 2015, alors même que ces derniers enregistraient en très net rebond de +38 % à 1 762 milliards de dollars et que les IDE à destination des pays en développement atteignait le niveau record de 765 milliards de dollars (+9 %).

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La Cunced explique le recul des flux d’IDE vers l’Afrique en 2015 par la contre-performance de l’Afrique subsaharienne (-11 % à 41,43 milliards de dollars) compensée en partie par un rebond au nord du continent (+9 % à 12,65 milliards de dollars).

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Le recul des IDE entrants est particulièrement marqué au Congo-Brazzaville, où ils ont baissé de -73 % à 1,5 milliard de dollars, en Afrique du Sud (-69 % à 1,7 milliard de dollars) et au Nigeria (-34,72 % à 3,06 milliards de dollars).

Le rebond en Afrique du Nord a été porté principalement par l’Égypte, qui a reçu 6,9 milliards de dollars en investissements directs étrangers l’an dernier, en hausse de +49,3 %, et par la Libye où ils ont atteint 726 millions de dollars en 2015 contre à peine 50 millions en 2014.

La performance du pays le plus peuplé d’Afrique du Nord et la légère reprise en Libye ont permis de compenser les résultats des autres pays de la région.

De 1,5 milliard de dollars d’IDE entrants en 2014, l’Algérie est passée à -587 millions de dollars en 2015, ce qui traduit des désinvestissements massifs (-139 %). Au Maroc, le recul est plus faible (-11,2 % à 3,16 milliards de dollars).

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Le cas Angola

À rebours des mauvais résultats enregistrés à travers le continent, l’Angola a connu une année 2015 particulièrement fructueuse, selon les estimations de la Cnuced, avec un rebond des IDE entrants en progression de +352 % à 8,7 milliards de dollars en 2015. Une hausse qui fait suite aux années terribles 2012 et 2013 avec des désinvestissements très importants (environ -7 milliards de dollars par an) et à une légère reprise en 2014 (1,9 milliard de dollars).

Cette hausse « consiste essentiellement en des prêts accordés par des groupes internationaux à leurs filiales locales » affectées par la crise économique qui frappe le pays pétrolier, prévient la Cnuced, qui concède néanmoins que quelques projets ont été réalisés dans les hydrocarbures, parmi lesquels l’investissement de Puma Energy dans un terminal géant à Luanda.

Perspectives

Pour 2016, la Cnuced prévoit une reprise des IDE à destination du continent et table sur une hausse moyenne de +6 % pour une fourchette de l’ordre de 55 à 60 milliards de dollars.

Signe de cette relance : au premier trimestre 2016, le continent a reçu 29 milliards de dollars, en hausse de +25 % par rapport à la même période l’an dernier.

Selon la Cnuced, cette hausse devrait particulièrement concerner les services (électricité, gaz, eau, construction et transport), suivis de l’industrie manufacturière (alimentation, boissons et automobile).

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