Droits de l’homme

Maroc : 200 associations lancent une campagne zéro plastique

Un sac en plastique met entre 100 et 400 ans pour se dissoudre dans la nature.

Un sac en plastique met entre 100 et 400 ans pour se dissoudre dans la nature. © Musadeq Sadeq/AP/SIPA

Le 1er juillet, la loi interdisant les sacs en plastique entrera en application au Maroc. Un groupement d'associations appelle, le week-end du 25 juin, à une campagne de ramassage dans tout le Maroc.

En 2015, le Maroc votait une loi interdisant la fabrication des sacs en plastique, leur importation, leur commercialisation et leur utilisation. Pour accompagner son entrée en vigueur, prévue ce 1er juillet, la Coalition marocaine pour la justice climatique (CMJC), une ONG regroupant pas moins de 200 associations et réseaux, a lancé la campagne « zéro mika » (zéro plastique), une initiative de sensibilisation à l’impact des déchets plastiques sur la santé et l’environnement.

Nouveauté : la coalition ne regroupe pas que des associations écolos mais aussi des organisations de défense des droits de l’homme. « Pour nous, la préservation de l’environnement est une question de justice, d’égalité et d’accès aux droits », explique Kamal Lahbib, membre de la CMJC.

Ancien prisonnier politique, initiateur du forum Alternatives Maroc, mouvement alter-mondialiste marocain, il est l’une des figures incontournables des droits de l’homme dans le royaume. En participant à la création de la CMJC en février dernier, il entend agir pour que les financements prévus par la 21ème conférence climat de l’ONU (Cop 21) n’aillent pas « engraisser les pollueurs mais rendre justice aux populations vivant dans les pays qui subissent la pollution ». Selon l’ONU, il y aurait quelque 250 millions de migrants climatiques dans le monde en 2050.  » Pour empêcher ce scénario catastrophe, ou du moins l’atténuer, la priorité doit être donnée aux pays gravement touchés par les changements climatiques ».

Fédérer toute l’Afrique

Du 24 au 26 juin, la CMJC organise une collecte des sacs en plastique dans tout le Maroc, particulièrement dans les points noirs comme les souks et les zones situées à côté des décharges. Près de 10 000 personnes devraient participer à ce ramassage. C’est dire la force de mobilisation de ce réseau qui ambitionne de fédérer d’autres initiatives de justice climatique dans le continent afin de défendre les intérêts de l’Afrique dans les meetings internationaux. 

Des chiffres inquiétants 

Le Maroc est le deuxième consommateur de sacs en plastique dans le monde après les États-Unis, avec une moyenne de 900 sacs par personne par an. Quand on sait que cette matière met entre 100 à 400 ans à se dissoudre dans la nature, on peut mesurer l’ampleur des dégâts sur l’environnement.

Mais que faire de ces sacs une fois ramassés ? Une partie sera incinérée dans des cimenteries équipées de filtres. La pollution engendrée par cette incinération est incontournable, explique la CMJC, mais elle sera moindre que celle occasionnée par ce plastique s’il restait dans la nature. Quant au reste des sacs ramassés, il sera destiné à l’industrie du recyclage.

Plusieurs personnalités marocaines ont soutenu cette initiative qui rentre dans le cadre de l’organisation de la Cop 22 à Marrakech, appelant à remplacer le plastique par le panier en osier ou le sac en papier à l’instar de Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l’homme (CNDH). 

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