Société

Égypte : la justice administrative annule la rétrocession de deux îles à l’Arabie Saoudite

Le Conseil d’État égyptien, la plus haute juridiction administrative du pays, a annulé mardi la rétrocession à l’Arabie saoudite de deux îles de la mer Rouge, contestant la possibilité de céder à Riyad ces territoires égyptiens, a-t-on appris de sources judiciaires.

Par
Mis à jour le 21 juin 2016 à 14:07

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi s’adressant au Parlement au Caire, le 13 février 2016. © AP/SIPA

« Cette décision signifie que les deux territoires sont égyptiens (…) et ne peuvent être cédés », a indiqué mardi 21 juin à l’AFP l’avocat Khaled Ali qui a porté plainte devant la justice égyptienne. En cause, la rétrocession des îlots de Tiran et Sanafir à l’Arabie saoudite, deux îlots situés stratégiquement à l’entrée du golfe d’Aqaba. Celle-ci avait été annoncée à l’occasion d’une visite au Caire en avril dernier du roi Salmane d’Arabie saoudite.

« L’arrêt du Conseil d’État annule la signature du représentant du gouvernement égyptien concernant [l’]accord de démarcation des frontières maritimes signé début avril par les deux pays alliés », au cours de cette visite, a confirmé à l’AFP un magistrat du Conseil d’État.

Tollé sur les réseaux sociaux

La rétrocession des deux îles de la mer Rouge à Riyad avait provoqué un tollé sur les réseaux sociaux, et déclenché de vives protestations. Des dizaines de personnes avaient été interpellées pour pour avoir participé aux rassemblements ou avoir appelé à manifester.

En mai dernier, quatre jeunes Égyptiens avaient également été arrêtés pour s’être moqués du régime du président Abdel Fattah al-Sissi dans une vidéo satirique diffusée sur les réseaux sociaux dans laquelle ils dénonçaient, entre autres, cette décision.

Le gouvernement peut faire appel

Face au tollé, le gouvernement égyptien avait affirmé à maintes reprises que ces territoires appartenaient à Riyad, et que l’Arabie saoudite avait demandé en 1950 au Caire d’en assurer la protection. Le gouvernement peut encore faire appel de cette décision administrative.