Bourse

Le cimentier Scaek rate son introduction à la Bourse d’Alger

L'usine de la Scaek est située à 20 km de Sétif, au nord-est de l'Algérie.

L'usine de la Scaek est située à 20 km de Sétif, au nord-est de l'Algérie. © DR

Au terme de la période de souscriptions qui s’est achevée le 13 juin dernier, la Société des ciments de Aïn El Kebira (Scaek) n’a réussi à lever que 5% du montant du capital introduit au lieu des 20% requis pour valider l’opération d’entrée en bourse. L’offre a donc été déclarée infructueuse et l’introduction annulée.

À la clôture de l’opération qui s’est étalée du 15 mai au 16 juin, le montant des actions souscrites a atteint près de 978 millions de dinars (environ 7,8 millions d’euros) sur les 18,95 milliards de dinars de nouvelles actions proposés au public et représentant 35 % du capital de la Scaek, une filiale à 100 % du conglomérat public Groupe industriel des ciments d’Algérie (Gica), indique l’avis d’opération publié ce lundi 20 juin à l’issue de la séance de la Bourse d’Alger.

Au total ce sont 662 personnes provenant de 37 des 48 wilayas (régions) de l’Algérie qui ont souscrit à 611 480 des 11 846 000 actions émises au prix unitaire de 1 600 dinars par action précise l’avis d’opération dont Jeune Afrique a obtenu une copie. La majorité des souscripteurs sont des personnes physiques dont le montant des actions souscrites représentent 78,28 % du montant global mobilisé, détaille encore l’avis d’opération.

Située à 20 km de Sétif, au nord-est de l’Algérie, la Scaek revendique une production de 1,31 million de tonnes de ciment pour un chiffre d’affaire de 8,19 milliards de dinars (76 millions d’euros) en 2014.

Timing inadéquat et communication insuffisante

Les causes de l’échec de cette introduction en bourse (IPO) sont diverses analyse Yazid Benmouhoub, directeur général de la bourse d’Alger, interrogé par Jeune Afrique. « Il y a d’abord la période choisie qui n’est pas la plus adéquate en raison des dépenses importantes réalisées par les ménages avec le mois de ramadan, la fête de l’Aïd et les vacances ».

Autre raison avancée par le directeur général pour expliquer le revers de la Scaek : une communication insuffisante. « La Scaek est connue par les gens du secteur de la cimenterie mais très peu du grand public », explique Yazid Benmouhoub.

Enfin, « l’entreprise n’a pas voulu prolonger la période de souscription », ajoute le responsable algérien qui espère que les enseignements tirés du revers du cimentier serviront aux sept autres entreprises publiques en lice pour entrer en bourse, à savoir deux autres cimenteries publiques relevant du groupe industriel des ciments d’Algérie (GICA), la banque Crédit populaire d’Algérie (CPA), Cosider Carrières, filiale du groupe public du BTP Cosider, la Compagnie algérienne d’assurance et de réassurance (CAAR), l’Entreprise nationale des aménagements hydrauliques (Hydro-aménagement S.P.A) et l’opérateur public de téléphonie mobile Mobilis.

Défaillance technique

Le directeur général de la Bourse d’Alger a vivement contesté les prédictions des détracteurs de la Place financière qui jugent que l’échec de la Scaek va compromettre la réussite des IPO annoncées. « Je ne pense pas ça va influencer négativement les autres entreprises en lice », affirme Yazid Benmouhoub qui souligne que la plupart sont dans les services et donc déjà bien connues des Algériens.

Mais de l’avis d’un spécialiste des opérations financières, « un tel échec sans précédent est suffisamment inquiétant pour tirer la sonnette d’alarme » sur le mode de fonctionnement de la Bourse d’Alger. Ce n’est pas un problème de « conjoncture » mais plutôt de « compétence » estime l’expert pour qui « si l’opération a échoué, c’est qu’elle a été mal évaluée ou accompagnée ».

Pour répondre au critiques suggérant une défaillance technique durant la période de souscription, le patron de la Bourse d’Alger promet qu’un bilan approfondi avec la Scaek est en cours pour évaluer dans le détail « ce qui n’a pas marché ».

Une faible activité boursière

Depuis l’IPO réussie de l’entreprise pharmaceutique Biopharm, en avril dernier, la place boursière d’Alger compte cinq titres cotés : deux sociétés détenues majoritairement par l’État (la chaîne hôtelière EGH El Aurassi et le groupe pharmaceutique Saidal), ainsi que Alliance Assurances et le producteur de jus de fruits NCA Rouiba pour une capitalisation boursière de 52,68 milliards de dinars (environ 421 millions d’euros), ce lundi 20 juin.

Avec un aussi peu nombre d’acteurs, l’activité de la bourse demeure faible. D’autant que les opérations sont parfois restreintes par le régulateur. En décembre 2014, la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (Cosob) à Alger avait décidé de suspendre l’acquisition par Cevital, leader de l’agroalimentaire en Algérie, auprès d’AfricInvest de 15 % du capital de l’entreprise privée de boissons Nouvelle Conserverie algérienne (NCA-Rouiba).

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