Sport

CAN 2015 : retour sur la folle épopée des Léopards de la RDC

La sélection de la RDC, troisième de la CAN 2015. © AFP

La sélection de la RDC qui a créé la surprise en atteignant les demi-finales de la CAN 2015, a pu graver dans le bronze samedi son incroyable parcours en Guinée équatoriale, en terminant troisième du tournoi. Une performance inédite depuis près de deux décennies. Retour sur l'épopée des Léopards.

Qualifiée in extremis en tant que meilleure troisième des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations (CAN 2015), la RDC termine la compétition sur le podium, en décrochant, le 7 janvier, la troisième place. Une réelle performance pour des Léopards dont beaucoup de spécialistes du football africain ne donnaient pas cher de leur peau. Et ce, malgré leur surprenante victoire face aux Éléphants de la Côte d’Ivoire à Abidjan (3-4), quelque trois mois seulement avant la CAN.

Six matchs sans défaite dans la phase des poules

Les protégés de Florent Ibenge, sélectionneur de la RDC, avaient pourtant des arguments à faire valoir en Guinée équatoriale. Lors de la CAN 2013 organisée en Afrique du Sud, les Léopards n’avaient pas perdu un seul match dans la phase des poules, décrochant au passage un match nul (2-2) contre le Ghana.

Mais ce n’était pas suffisant pour passer en quarts. Idem en Guinée équatoriale, à une nuance près : cette fois-ci, les trois points décrochés après trois matchs nuls ont permis aux Léopards d’accéder au deuxième tour de la CAN 2015.

Vainqueurs du derby du fleuve Congo

En quart de finale, les Léopards croisent les Diables rouges dans un derby épique du fleuve Congo, à la saveur de dernières tensions entre les deux capitales les plus rapprochés du monde. Six buts marqués, tous en seconde période !

Menée 2-0 à l’heure de jeu, la RDC se réveille et débute son festival de buts à 65e minute. D’abord par Dieumerci Mbokani, puis par Jeremy Bokila (74e) et Joël Kimwaki (80e). Le Congo-Brazza du technicien français Claude Le Roy craque à la 91e minute lorsque Mbokani s’offre un doublé. Score finale : 2 – 4. La RDC est qualifiée pour les demi-finales. Une première depuis 17 ans !

 

 

Tout le pays est en effervescence. Dans les rues de Kinshasa comme dans celles des autres grandes villes congolaises, cette victoire de la RDC sur son voisin d’en face a un nom : Florent Ibenge. Des chants à l’honneur du coach de Vita Club et sélectionneur national sont sur toutes les lèvres : "Ibenge coaché !" Florent Ibenge est même plébiscité "révélation congolaise de l’année" par Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais. Et Joseph Kabila, le président de la République, grand absent au 24e sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, se rend à Bata pour le féliciter et demander aux Léopards de "ramener la coupe à Kinshasa".

>> Lire aussi : Florent Ibenge, l’homme qui fait de nouveau rugir les Léopards

RDC, bête noire des pays hôtes

Mais les hommes de Florent Ibenge n’iront pas aussi loin. En demi-finale, les Éléphants de la Côte d’Ivoire leur barrent la route. Battus 1-3, les Léopards ne peuvent plus que se contenter de la "petite finale". Un match pour la troisième place face à la Guinée équatoriale, pays hôte, dont la qualification pour le dernier carré du tournoi contre la Tunisie a été très critiquée (l’arbitre avait accordé un penalty généreux au Nzalang nacional pendant les temps additionnels).

>> Voir aussi : RDC-Côte d’Ivoire, c’est aussi le match des danses (improbables)

Du côté congolais, on se veut plutôt serein. "La RDC n’a pas peur" d’affronter la Guinée équatoriale, assure même Florent Ibenge à la veille de la rencontre. D’autant que ce ne sera pas la première fois que les Léopards disputent un match de classement avec un pays hôte. En 1998 au Burkina Faso, ils avaient battu les Étalons aux tirs au but au terme d’un match à rebondissements (4-4, 1-4 t.a.b).

Quelle sortie pour le vétéran Kidiaba !

Rebelote à Malabo. À l’issue de temps réglementaire, le marquoir affiche cette fois-ci zéro but partout. Place aux tirs au but. Robert Kidiaba, 39 ans, le plus vieux joueur du tournoi, qui jouait là sa dernière CAN, a l’occasion de s’offrir une inoubliable fin de carrière internationale. Il s’applique à l’exercice. Non sans intimidations. Un salto arrière par exemple devant Javier Balbao qui s’approche pour tirer le premier penalty de Nzalang nacional. La magie opère, la balle passe loin de son gage. Kidiaba parvient même à arrêter un autre tir équato-guinéen. Alors que ses coéquipiers transforment les leur (2-4).

La RDC l’emporte et décroche ainsi la troisième place du tournoi. Une belle sortie également pour Robert Kidiaba. "Une légende d’Afrique [qui] tire sa révérence", salue l’ancien international ivoirien Didier Drogba sur les réseaux sociaux.

Objectif CAN 2017 ?

Assiste-t-on au grand retour de la RDC, double championne d’Afrique (1968 et 1974), au sommet du football africain ? Robert Kidiaba veut bien le croire. Dans une interview accordée à Jeune Afrique au lendemain de la petite finale face à la Guinée équatoriale, l’emblématique gardien de TP Mazembe de Lubumbashi et des Léopards estime que "la RDC peut avoir l’ambition de gagner la CAN 2017 ou 2019".

La RDC en a-t-elle les moyens ? Sur le plan interne, la sélection peut compter sur des joueurs "locaux" provenant des clubs comme Vita Club, vice-champion d’Afrique 2014, ou TP Mazembe. Et surtout continuer à attirer des jeunes qui évoluent à l’étranger. À l’instar de Yannick Bolasie, 25 ans, milieu de terrain de Crystal Palace (Angleterre), qui a apporté cette année, pour sa première CAN, une bonne bouffée d’oxygène à l’attaque des Léopards.

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Par Trésor Kibangula

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