Économie

Côte d’Ivoire : Fitch maintient sa note « B+ » avec des perspectives stables

Par
Mis à jour le 13 juin 2016 à 18:55

Vue de la gare à Abidjan. © Sylvain Cherkaoui pour J.A.

Croissance économique vigoureuse et climat politique « apaisé » : c’est pour ces deux raisons au moins que l’agence de notation financière Fitch n’est pas revenu vendredi sur le « B+ » dont elle avait gratifié la Côte d’Ivoire en décembre 2015, un cran au-dessus du « B » qui prévalait jusque-là. La perspective est stable.

La note attribuée aux émissions obligataires à long terme en monnaie étrangère et locale de la Côte d’Ivoire demeure dans la catégorie spéculative, jugée risquée par les investisseurs, du fait de « fondamentaux structurels fragiles, comme le PIB par habitant », et « des indicateurs financiers et de développement humain » encore bien inférieurs aux moyennes des pays de la même catégorie.

Mais cela ne remet pas en cause une croissance supérieure à 8,5% depuis quatre ans et une inflation modérée, a justifié l’agence de notation anglo-américaine dans un communiqué vendredi 10 juin. Celle-ci table sur des niveaux analogues à moyen terme, malgré une érosion progressive d’un « effet rattrapage » de l’économie ivoirienne et son exposition à des « chocs météorologiques ».

Et ce notamment du fait d’un niveau d’investissement public et privé qui est attendu en croissance, notamment à l’aune des 15,4 milliards de dollars obtenus par le pays auprès des bailleurs de fonds en mai à Paris.

Feu vert aussi sur le plan politique où l’agence juge le climat apaisé après la dernière élection présidentielle. À ce sujet, Fitch « espère que les élections législatives prévues au second semestre 2016 seront un test pour la stabilité politique ivoirienne, et qu’elles ne dérailleront pas la normalisation politique en cours. »

Si la gouvernance ivoiriennes est jugée encore lacunaire, « malgré plusieurs années de constante amélioration », le déficit public (2,9% du PIB à la fin 2015) et la dette (41,3% du PIB) ont un impact neutre sur la notation. D’ici 2018, le déficit du budget public est attendu entre 3 et 3,5% du PIB, alors que la dette devrait progressivement descendre sous les 40% de PIB, selon les chiffres de Fitch.