Économie

Orange finalise sa sortie du Kenya

Mis à jour le 13 juin 2016 à 16:35

Après des études de journalisme, Boris s’est orienté temporairement vers le métier de communicant pour mieux gagner sa vie (Photo d’illustration). © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

L’opérateur télécoms français a annoncé vendredi avoir complété la cession de ses 70 % dans Telkom Kenya au capital-investisseur Helios Investment Partners.

Neuf ans après son entrée sur le marché kényan de la téléphonie, le groupe français Orange vient d’en finaliser sa sortie.

L’opérateur télécoms, présent dans une quinzaine de pays africains, a annoncé le vendredi 10 juin avoir complété la cession de sa participation dans Telkom Kenya au capital-investisseur Helios Investment Partners.

Les deux partenaires avait conclu un accord de cession en novembre 2015.

Un prix surévalué et des revenus en baisse

Orange a débarqué sur le marché kényan en 2007, lors d’une vague de libéralisation du secteur télécoms. L’opérateur français a acquis dans un premier temps 51 % de Telkom Kenya, le reliquat revenant à l’État. Payé environ 270 millions d’euros, Telkom aurait été largement surévalué compte tenu de la faiblesse de ses équipements et Orange n’a jamais été en mesure de rentabiliser sa présence au Kenya.

Les revenus de Telkom consolidés dans les comptes du groupe français ont chuté, passant de 107 millions d’euros en 2008 à 95 millions d’euros en 2010, 90 millions d’euros en 2012 et 85 millions d’euros en 2014. Durant la seule année 2012, Telkom a perdu environ 70 millions d’euros.

Le manque de soutien de l’État dans les investissements réalisés à conduit Orange, en 2013, à convertir une partie des créances de Telkom à son égard en actions, portant sa participation de 51 % à 70 %.

Dès 2013, la probabilité d’une sortie d’Orange du marché kényan se faisait déjà claire.

Reprise de créances

Les détails financiers de la cession à Helios Investment Partners n’ont pas été communiqués.

Le capital-investisseur indique avoir accepté de céder 10 % du capital de la compagnie télécoms à l’État, dont la participation dans Telkom Kenya remonte à 40 %.

Selon la presse financière kényane, les deux actionnaires ont accepté de reprendre environ  30 milliards de shillings (260 millions d’euros) de créances dues à Orange par sa désormais ex-filiale.

Dans son communiqué, le groupe français a indiqué que cette cession reflète « l’effort constant d’Orange dans l’optimisation de son portefeuille d’actifs » et a rappelé que la zone Afrique et Moyen Orient, où l’opérateur a multiplié les acquisitions au cours des derniers mois, « reste une priorité stratégique ».

Fin 2015, l’opérateur télécoms français comptait 110 millions d’abonnés en Afrique et au Moyen-Orient où il a réalisé un chiffre d’affaires de 4,89 milliards d’euros, en hausse de +5,1 % à base comparable sur un an. C’est la seule zone dans laquelle Orange a vu ses revenus progresser.

 

Renforcement dans le secteur télécoms

Helios Investment Partners, le nouvel actionnaire majoritaire l’opérateur kényan s’est dit « enthousiaste à l’idée de travailler avec toutes les parties prenantes pour transformer Telkom Kenya en un opérateur de télécommunications à succès », selon Babatunde Soyoye, co-fondateur et directeur général du capital-investisseur, cité dans un communiqué.

Telkom Kenya est le troisième opérateur de téléphonie mobile du pays d’Afrique orientale, avec 4,66 millions d’abonnés et 12,4 % de parts de marchés, derrière le leader Safaricom (24,4 millions d’abonnés – 64,7 %) et Airtel (7,24 millions d’abonnés – 19,2 %), loin devant le petit dernier Equitel (1,4 million d’abonnés (3,7 %).

Telkom Kenya n’est pas la première participation dans le secteur télécoms africain d’Helios Investment Partners, qui détient environ 25 % de l’opérateur Africatel bien implanté en Afrique lusophone, et dans le gestionnaire de tours télécoms Helios Towers Africa.

Fondé en 2004, Helios Investment Partners revendique 3 milliards de dollars d’actifs sous gestion et des participations dans des entreprises opérations à travers 25 pays africains.