Société

Hollywood : « The Birth of a Nation », le « film le plus raciste de l’histoire » fête ses 100 ans

Sorti en février 1915, « The Birth of a Nation », la première grande production de Hollywood, a aujourd’hui 100 ans. Un long-métrage remarquable qui reste cependant le « film le plus raciste de l’histoire », selon les mots du « New York Post ».

Mis à jour le 11 février 2015 à 08:40

Affiche du film « The Birth of a Nation », sorti le 8 février 1915 aux États-Unis. © DR

C’est le film qui marque le début de la suprématie du cinéma américain dans le monde. Dès sa sortie en salle, le 8 février 1915, aux États-Unis, The Birth of a Nation (Naissance d’une nation en français) fait sensation. Un énorme succès qui place encore aujourd’hui cette œuvre de David W. Griffith parmi les 100 meilleurs films américains dans le classement de l’American Film Institute. Et ce malgré son caractère raciste assumé et décrié.

Le film est en effet adapté de deux romans de propagande raciste de Thomas Dixon et retrace la Guerre de Sécession et la reconstruction qui suivit avec un partie pris ouvertement anti-Noirs.

Des Noirs "illettrés, corrompus et rustres"

On y voit,entre autres, des acteurs blancs maquillés pour jouer des rôles de Noirs "illettrés, corrompus et rustres", souligne le New York Post, n’hésitant pas à qualifier The Birth of Nation de "film le plus raciste de l’histoire".

>> Extrait de The Birth of Nation <<

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David W. Griffith a investi toute sa fortune pour produire le film qui a coûté quelque 110 000 dollars à l’époque, soit environ 1,5 millions euros de nos jours. Affecté par les critiques et les violences qui ont émaillé la sortie de The Birth of Nation, il réalisera l’année suivante Intolérance, un autre film muet destiné à faire taire les accusations de racisme portées contre son oeuvre précédénte.

Cent ans plus tard, sur le plan artistique, beaucoup reconnaissent encore à The Birth of Nation des qualités exceptionnelles pour l’époque, notamment dans la reconstitution historique et dans le montage des scènes du film, long de 185 à 190 minutes pour sa version originale, qui popularise en particulier le procédé du flash back.

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Par Trésor Kibangula