Diplomatie

Coup d’État manqué : le Burkina s’en remet à la Côte d’Ivoire pour l’affaire Soro

L'ex-Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro, le 13 mars 2012 © Emanuel Ekra/AP/SIPA

Le commissaire du gouvernement auprès le tribunal militaire de Ouagadougou a annoncé lundi qu'il renonçait à son mandat d'arrêt contre le président de l'Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Soro pour son implication présumée dans le coup d'État manqué de septembre 2015 mais a demandé à la Côte d'Ivoire de le poursuivre dans le cadre d'une autre procédure dite de "dénonciation".

« En ce qui concerne Guillaume Soro (…), le parquet (du tribunal militaire) a opté pour la procédure de dénonciation (et) comme nous avons dénoncé les faits (…) nous n’avons plus compétence d’émettre un mandat d’arrêt contre Guillaume Soro », a déclaré lundi 6 juin le commissaire du gouvernement auprès le tribunal militaire de Ouagadougou, le commandant Alioune Zanré, lors d’une conférence de presse.

Selon lui, en raison de « conventions multilatérales et bilatérales qui lient le Burkina aux autres organisations et pays (…) l’extradition n’est pas possible en matière d’infraction politique » et « en matière d’infractions militaires ».

Par ailleurs, Interpol lui aurait fait savoir « qu’il n’exécute pas les mandats concernant les infractions politiques ou de juridictions d’exception comme celui du tribunal militaire ». « Face à ces obstacles, que pouvons-nous faire, si ce n’est changer de fusil d’épaule ? », a-t-il lâché.

« Que pouvons-nous faire ? »

Cette déclaration semble mettre fin aux prétentions burkinabè d’éclaircir l’affaire de l’enregistrement d’une conversation supposée entre Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina, et Guillaume Soro, niée par les deux intéressés, qui empoisonne les relations entre les deux diplomaties depuis des mois.

Un précédent mandat d’arrêt international lancé par la justice militaire contre Guillaume Soro pour son implication présumée dans le coup d’État manqué contre le gouvernement de transition burkinabè en septembre 2015 avait été annulé fin avril par la Cour de cassation de Ouagadougou pour vice de forme. Le mandat d’arrêt émis contre l’ancien président François Compaoré avait aussi été annulé.

« Ces annulations ont été faites pour vice de forme parce qu’il aurait fallu demander les réquisitions du commissaire du gouvernement [procureur], du tribunal militaire avant d’émettre les mandats. Cette formalité n’ayant pas été accomplie, la Cour a donc décidé d’annuler tous les mandats internationaux », avait alors expliqué Armand Ouédraogo, le procureur général près la Cour de cassation de la justice burkinabè.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte