Politique

Irak : un charnier découvert près de Fallouja

Un charnier contenant des centaines de corps a été découvert près de la ville irakienne de Fallouja, dans laquelle les forces paramilitaires chiites menacent d’entrer si les forces gouvernementales tardent à reprendre ce bastion du groupe État islamique (EI).

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Mis à jour le 6 juin 2016 à 17:36

Forces gouvernementales irakiennes en route le 5 juin 2016 vers al-Azraqiyah au nord-ouest de Fallouja. © AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Un colonel de la police de la province d’Al-Anbar, où sont situées Saqlawiya et Fallouja, a fait état dimanche 5 juin de la découverte d’ »une fosse commune dans le quartier de Chouhada (à Saqlawiya) au cours d’une opération de déminage ». « La fosse commune contient environ 400 corps de militaires. Il y a aussi quelques civils », a-t-il ajouté sous couvert de l’anonymat.

Selon lui, la plupart des victimes auraient été abattues d’une balle dans la tête. « Les forces de sécurité ont ouvert la fosse commune et commencé à transférer les corps pour leur identification ».

Les corps seraient principalement ceux de soldats irakiens tués par les jihadistes de l’État islamique (EI) au cours d’une série d’attaques meurtrières contre des bases de l’armée dans cette zone. « L’EI a exécuté beaucoup de militaires ainsi que des civils dans cette zone à la fin de 2014 et au début de 2015 », a-t-il affirmé.

Rajeh Barakat, membre du conseil provincial d’Al-Anbar, a confirmé la découverte du charnier, affirmant que la fosse comprend notamment « des civils exécutés par l’EI pour espionnage ou non-respect des règles de l’organisation ».

L’enjeu Fallouja

Bagdad a lancé il y a deux semaines une vaste offensive pour reprendre Fallouja, situé à 50 km à l’ouest de Bagdad et aux mains des jihadistes depuis janvier 2014.

Les forces d’élite du contre-terrorisme (CTS) tentent depuis plusieurs jours de progresser pour entrer dans le centre de Fallouja mais leur avancée est ralentie par la résistance des jihadistes et la présence d’environ 50 000 civils pris au piège de l’offensive et empêchés de fuir par l’EI.

Les forces irakiennes ont cependant pris samedi la localité de Saqlawiya, à environ 10 km au nord-ouest du fief jihadiste de Fallouja, qui permet d’assiéger totalement la ville capturée début 2014 par l’EI.

Dimanche, les forces d’élite irakiennes affrontaient les jihadistes dans les quartiers de Chouhada et Jbeil, situés dans le sud de Fallouja.

« Il y a de la résistance mais un peu moins qu’au cours des jours précédents », a indiqué le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l’opération pour la reprise de Fallouja, précisant que les forces gouvernementales n’avaient pas encore réussi à pénétrer dans la cité par le Nord.

Des civils ciblés par l’EI

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a indiqué pour sa part que l’EI ouvrait le feu et abattait les civils qui tentaient de fuir Fallouja.

« Les civils essayant de traverser l’Euphrate pour fuir les combats sont ciblés », a déclaré l’organisation dans un communiqué. « Un nombre indéterminé de civils ont été abattus en essayant de traverser le fleuve ».

Dans l’opération pour reprendre Fallouja, les soldats et les policiers sont appuyés par les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi dominées par les milices chiites qui ont participé à l’encerclement de la ville il y a deux semaines mais sont jusqu’à présent restées à l’extérieur, laissant les forces du CTS donner l’assaut sur la cité.

« Nous avons accompli la tâche qui nous a été donnée, celle d’encercler (Fallouja), tandis que la libération a été assignée à d’autres forces », a affirmé dimanche à des journalistes Abou Mahdi al-Mohandis le commandant militaire des unités paramilitaires.

« Nous sommes toujours présents dans la zone et nous continuerons à (les) soutenir si la libération se fait rapidement. S’ils n’en sont pas capables, nous entrerons avec eux », a-t-il prévenu.