Justice

Burundi : pour avoir gribouillé des photos de Nkurunziza, onze lycéens inculpés d’outrage au chef de l’État

Le président burundais Pierre Nkurunziza au défilé militaire à l'occasion de la fête de l'Indépendance du Burundi, le 1er juillet 2015, à Bujumbura. © Berthier Mugiraneza/AP/SIPA

Des sources policières ont indiqué vendredi que onze lycéens burundais ont été incarcérés et inculpés d'outrage au chef de l'État pour avoir abîmé des photos du président Pierre Nkurunziza.

Des agents du service national de renseignement ont interpellé, vendredi 3 juin, des élèves, accusés par la direction de leur établissement d’avoir abîmé la photo du président Pierre Nkurunziza dans des manuels scolaires, dans plusieurs écoles de Muramvya et ses alentours.

« Le procureur de Muramvya [centre du Burundi, ndlr] vient de décider d’en incarcérer onze (…) pour outrage à chef de l’État », a déclaré une source policière, sous couvert d’anonymat. Ces enfants, six filles et cinq garçons tous âgés de plus de 14 ans, ont été écroués à la prison centrale de Muramvya en milieu d’après-midi.

Une dizaine d’autres élèves âgés de moins de 14 ans, la majorité pénale au Burundi, ont été relâchés après avoir été arrêtés vendredi matin, selon la source policière.

Trois blessés parmi les manifestants

Immédiatement après les premières arrestations, menées au lycée communal de Muramvya, des centaines de lycéens ont manifesté en direction du centre-ville, réclamant la libération de leurs condisciples.

Des témoins affirment par ailleurs les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur ces jeunes manifestants. « Des policiers des services secrets burundais ont  tiré pour disperser la manifestation, blessant par balles grièvement deux élèves et un motard qui passait par là », assure l’un d’eux.

« Ce qui se passe est terrifiant. Je pense qu’il y a dans toutes les écoles du Burundi des collégiens inconscients qui ont fait de tels gribouillages sur le visage de Nkurunziza. Est-ce qu’on va tous les chasser ou les emprisonner ?, »s’est interrogé un  parent d’élève, ayant également requis l’anonymat.

Les 11 élèves inculpés risquent entre cinq et 10 ans de prison, selon le code pénal burundais.

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