Justice

Sénégal : Bibo Bourgi en liberté provisoire, Papa Mamadou Pouye en libération conditionnelle

Des manifestants réclament la libération de Karim Wade, le 23 avril 2013 à Dakar.

Des manifestants réclament la libération de Karim Wade, le 23 avril 2013 à Dakar. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

Ibrahima Aboukhalil, dit Bibo Bourgi, et Alioune Samba Diassé ont bénéficié d’une autorisation de sortie du territoire "pour des raisons humanitaires", a-t-on appris mardi. Papa Mamadou Pouye a quant à lui bénéficié d'une liberté conditionnelle.

« Le juge d’application des peines du Tribunal de Grande Instance hors classe de Dakar a autorisé la sortie sous escorte du territoire national des détenus condamnés Ibrahima Aboukhalil et Alioune Samba Diassé, à la demande de leurs conseils », a annoncé le ministère de la justice sénégalaise dans un communiqué transmis à la presse mardi 31 mai.

« Nous sommes extrêmement soulagés »

Bibo Bourgi, considéré comme le principal prête-nom de Karim Wade par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), était incarcéré à Dakar suite à sa condamnation, en mars 2015, à une peine de cinq ans de prison assortie de la confiscation de tous ses biens dans l’affaire Karim Wade.

En dépit de plusieurs examens médicaux inquiétants et d’un avis du tribunal arbitral de l’ONU demandant à Dakar de le laisser aller se soigner en France, l’État sénégalais avait jusqu’à présent rejeté ces requêtes.

« Nous sommes extrêmement soulagés, il a été libéré mardi soir, mais il se trouve toujours à Dakar, les conditions de son rapatriement sont encore floues », réagit son avocate, Maître Corinne Dreyfus-Schmidt, qui explique cette libération provisoire par les pressions diplomatiques. « Le Sénégal doit être respectueux de l’État de droit. Les autorités ont peut être aussi voulu éviter qu’il lui arrive quelque chose car son état de santé s’est extrêmement dégradé : il a encore fait un malaise cardiaque le 18 avril dernier », poursuit Me Dreyfus-Schmidt.

Liberté conditionnelle pour Papa Mamadou Pouye

Papa Mamadou Pouye a quant à lui bénéficié d’une liberté conditionnelle. « Ce n’est pas une surprise, il y était éligible depuis plusieurs semaines, il a déjà effectué plus de la moitié de sa peine », assure Corinne Dreyfus-Schmidt, qui représente également ses intérêts.

Considéré comme l’un des « hommes de paille » de Karim Wade, il avait lui aussi été condamné aux côtés d’Alioune Samba Diassé à cinq ans de prison pour complicité d’enrichissement illégal et à une amende de 69,11 milliards de francs CFA le 23 mars 2015.

Incarcéré depuis 2013, Karim Wade avait à leurs côtés écopé d’une peine de six ans d’emprisonnement et d’une amende de 138 milliards de francs CFA. En juin 2015, le Groupe de travail sur la détention arbitraire du Conseil des droits de l’homme de l’ONU avait estimé que le fils de l’ancien président sénégalais subissait une « détention arbitraire». Un avis réitéré par les Nations unies en janvier 2016, mais jusqu’à présent resté sans suite.

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