Défense

Libye : deux villes reprises à l’État islamique dans la région de Syrte

| Par Jeune Afrique avec AFP
La ville de Syrte ravagée par les combats entre révolutionnaires et forces pro-Kadhafi, en octobre 2011.

La ville de Syrte ravagée par les combats entre révolutionnaires et forces pro-Kadhafi, en octobre 2011. © Manu Brabo / AP / SIPA

Les forces du gouvernement libyen d’union nationale (GNA) ont annoncé mardi avoir pris le contrôle des villes côtières de Ben Jawad et Nofliya dans la région de Syrte, fief de la filière libyenne du groupe jihadiste État islamique (EI).

« Les Gardes des installations pétrolières, sous le commandement du ministère de la Défense du GNA, sont entrés dans Ben Jawad et en ont chassé les combattants de l’EI », a indiqué à l’AFP le 31 mai un responsable au centre de communication de ces forces de sécurité, qui viennent de se rallier au GNA. Mardi, ces forces ont pu libérer une deuxième ville, la localité de Nofliya, à 127 kilomètres à l’est de Syrte.

Au total, les affrontements autour de Ben Jawad ont fait cinq morts et 18 blessés, avait indiqué à l’AFP le colonel Bachir Bouthefira, commandant du secteur militaire où se sont déroulés les combats. En revanche, le lendemain, il n’y a pas eu de pertes du côté des forces du GNA. « Nos forces ont pris le contrôle de Nofliya et avancent maintenant vers Harawa à environ 75 km à l’est de Syrte, a indiqué mardi le colonel, toujours cité par l’AFP.

Les deux armées libyennes se font concurrence

Les forces armées du gouvernement d’union et du gouvernement rival basé dans l’est du pays, fidèles au général Khalifa Haftar, sont actuellement engagées dans une course pour être les premières à chasser l’EI de Syrte. Cette concurrence est mal perçue par la communauté internationale car elle risque de mettre en péril les efforts de lutte contre les jihadistes de l’EI, dont la menace se fait grandissante en Libye.

L’émissaire de l’ONU pour la Libye Martin Kobler a d’ailleurs appelé mardi les deux armées libyennes à s’unir contre l’EI, l’ennemi numéro 1. « Ce doit être un combat libyen et un combat uni », a déclaré le haut responsable à l’issue d’un entretien à Paris avec le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault. « Il faut une structure commune, une armée commune, un commandement général », a-t-il ajouté.

Le GNA, soutenu par la communauté internationale et basé à Tripoli depuis deux mois, peine actuellement à asseoir son autorité dans le pays. Il a récemment exhorté la communauté internationale à lever l’embargo sur les armes à destination de la Libye, imposé par l’ONU depuis 2011, afin d’équiper ses forces pour combattre l’EI.

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