Médias

Tunisie : décès de Néjiba Hamrouni, ambassadrice de la presse libre

| Par Jeune Afrique
Néjiba Hamrouni, journaliste et syndicaliste tunisienne, est décédée le 29 mai 2016.

Néjiba Hamrouni, journaliste et syndicaliste tunisienne, est décédée le 29 mai 2016. © Capture d'écran/Youtube/EnaifosTV

Néjiba Hamrouni, journaliste et militante tunisienne, s’est éteinte dimanche des suites d’un cancer.

La presse tunisienne est en deuil, a fait savoir le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) dans un communiqué publié le 29 mai, après la mort de son ex-présidente, Néjiba Hamrouni. Néji Bghouri, actuel président du SNJT, a tenu à saluer son courage et sa combativité, tout en déplorant la perte d’une journaliste et d’une militante hors pair : « Avec la disparation de Néjiba Hamrouni, la famille médiatique élargie vient de perdre une journaliste courageuse, voire une icône de la lutte pour la liberté et la démocratie. »

La voix de la liberté

Journaliste à Assabah (un quotidien tunisien en langue arabe) pendant huit ans, Néjiba Hamrouni deviendra ensuite rédactrice en chef de la revue Cawtaryat, publiée par le Centre arabe d’étude et de formation de la femme (Cawtar). En parallèle, elle jouera un rôle majeur dans la réforme des médias tunisiens, en militant notamment en faveur de la liberté de la profession.

Simple adhérente de l’Association des journalistes tunisiens (AJT), elle devient en 2008 membre chargé des libertés de la presse, puis trésorière du tout premier Syndicat national des journalistes. Première femme élue en 2011 à la présidence de ce même syndicat, elle se consacrera plus particulièrement aux conditions de travail des journalistes, aux salaires, à leur formation, au respect des conventions collectives, ou encore à la rupture des médias nationaux avec les pratiques de l’ancien régime. Elle occupera ce poste jusqu’en 2014.

Hommages à une héroïne de l’information

Lauréate du prix Akademia pour la liberté de la presse en 2013, Néjiba Hamrouni fut également citée par Reporters sans frontières (RSF) parmi les « 100 héros de l’information » en 2014, comme étant « un modèle d’intégrité ». « Bouleversé et attristé » par la nouvelle de son décès, Larbi Chouikha, enseignant universitaire tunisien, spécialiste des médias, se souvient de « son intégrité, sa probité, son attachement indéfectible à défendre ses principes qui sont les nôtres. »

Facebook/Larbi Chouikha

Hommage à Néjiba Hamrouni, décédée le 29 mai. © Facebook/Larbi Chouikha

La présidence de la République tunisienne a quant à elle présenté ses condoléances à la famille de la défunte :

Plusieurs personnes et organisations ont également tenu à rendre un dernier hommage à Néjiba Hamrouni et à ses combats pour la Tunisie via les réseaux sociaux, à l’image de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA), de la journaliste Olfa Belhassine ou encore de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Le journaliste Thameur Mekki, lui, rappelle aussi sur son compte Facebook que cette « femme coriace (…) n’a pas plié face à un système qui a utilisé les moyens les plus vils pour l’atteindre (racisme, misogynie, intimidation…) ».

Le cortège funèbre est arrivé en fin de matinée, le 30 mai, dans les locaux de la SNJT à Tunis, sous le regard et les applaudissements de la foule, émue.

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