Politique

Le coup de la panne… présidentielle

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

L’œil de Glez. © Gles / J.A.

Au Swaziland, au Cameroun ou au Burkina Faso, les moyens de transport présidentiels tombent en panne, quand ils ne sont pas saisis pour impayé ou quand ils ne disparaissent pas totalement…

Pourquoi de nombreux chefs d’État africains s’accrochent-ils au pouvoir ? Pour le confort ? Pas sûr. Car même s’ils n’ont guère à redouter, comme les Français en ce moment, de pénurie d’essence, ils sont parfois confrontés à l’absence de moyens de locomotion dans lesquels mettre ledit carburant.

Mercredi 18 mai : suite à une plainte en justice de l’entrepreneur de Singapour Shanmuga Rethenam, l’avion officiel du roi du Swaziland est confisqué pour impayé par les autorités canadiennes. L’ancien partenaire d’affaires de Mswati III réclame 8 millions de dollars à la famille royale de ce petit État africain coincé entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. Au centre du contentieux : la vente et la remise en état, en 2010, par le Singapourien, d’un avion McDonnell Douglas DC-9-87.

Quelques mois après la transaction inachevée, et devant ses compatriotes, le monarque absolu du Swaziland présentait le jet comme… un cadeau. C’est la seconde fois en deux ans que l’appareil de Mswati III est saisi.

Limousine capricieuse

Ce n’est pas non plus la première fois que le président du Cameroun rencontre quelques soucis de déplacement. Ce 20 mai, Paul Biya célébrait la 44e fête de l’Unité. Après l’exécution de l’hymne national, le chef suprême des armées monte dans une limousine présidentielle décapotable noire qui doit le conduire à la revue des troupes.

Moqueurs, les réseaux sociaux n’en perdront pas une miette…

Mais le véhicule fait un caprice et le président de la République est obligé de changer de véhicule – pour une limousine blanche cette fois. La CRTV, la télévision nationale, retransmettra les images de membres de la Garde Présidentielle en train de pousser la voiture lunatique. Moqueurs, les réseaux sociaux n’en perdront pas une miette…

Cette panne mécanique de lèse-majesté n’est pas la première. En juillet 2015, à Yaoundé, la Mercedes Maybach S600 dans laquelle se trouvaient Paul et Chantal Biya fut victime d’une crevaison au quartier Mvog-Mbi. Cinq ans plus tôt, sur la route du village présidentiel Mvomeka’a, la voiture présidentielle s’était déjà immobilisée à cause d’une défaillance mécanique. Dix ans plus tôt, au stade Ahmadou Ahidjo, à l’occasion de la finale de la Coupe du Cameroun de football, la décapotable qui déposa le président refusa de repartir…

Kaboré voit 57 véhicules présidentiels disparaître

Pas sûr que le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré ait plus de chance que son homologue camerounais. Avant de quitter son bureau pour quelque destination que ce soit, le nouvel élu devrait vérifier qu’une voiture est disponible dans la cour de la présidence. Ce 23 mai, un communiqué du ministre burkinabè de la Sécurité intérieure révélait que 57 véhicules – des tout-terrains pour la plupart – avaient été soustraits du parc automobile de la présidence sans aucune trace sur leur destination.

Puisqu’il faut être bienveillant avec les responsables d’une période transitoire qui a conduit le pays de l’insurrection populaire – fatale à Blaise Compaoré – aux élections, un délai de deux semaines a été accordé pour déposer ces véhicules dans un camp de la Compagnie républicaine de sécurité…

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