Vie des partis

Zimbabwe : Mugabe, l’homme qui voulait devenir centenaire

| Par
À son retour à Harare, le 4 février, il s’est pris les pieds dans le tapis.

À son retour à Harare, le 4 février, il s'est pris les pieds dans le tapis. © AP/Sipa

On le disait malade. Mais, à bientôt 91 ans, il apparaît plutôt fringant. Le secret de sa forme ? Écarter ses alliés quand ils deviennent trop encombrants.

Le protocole de Robert Mugabe avait tout fait pour que son retour à Harare, après son élection à la tête de l’Union africaine, soit triomphal. Patatras ! Le président s’est pris les pieds dans le tapis rouge qu’on lui avait déroulé à l’aéroport. Les photographes présents ont été sommés d’effacer leurs clichés… En vain : ceux qui ont été diffusés ont provoqué la risée des internautes.

L’incident a surtout relancé les spéculations sur l’état de santé du président, dont les séjours médicaux à Singapour sont fréquents. Les médecins du micro-État asiatique doivent pourtant être particulièrement compétents : à bientôt 91 ans, Robert Mugabe est toujours capable de mener des entretiens bilatéraux de plus d’une heure. Et si les observateurs ont noté un ralentissement de son élocution ces derniers mois, il parvient encore à se lever et à se déplacer sans assistance.

>> Participez au jeu des 10 citations : "Mugabe ou Kadhafi, qui a dit quoi ?"

Débat sur sa succession

Le débat sur sa succession n’est, en tout cas, pas engagé. Comme il l’a toujours fait, Mugabe continue de se débarrasser de ses alliés dès qu’ils deviennent encombrants. Joice Mujuru, sa vice-présidente, accusée de conspiration, a ainsi été limogée en décembre 2014. Elle a été remplacée par Emmerson Mnangagwa, dit le Crocodile, précédemment ministre de la Défense puis de la Justice. Ce dernier est désormais le mieux placé pour succéder au vieux chef. Toutefois, l’épouse du président, Grace, de 41 ans sa cadette, connaît une ascension politique fulgurante depuis quelques mois : elle est entrée au "politburo" du parti présidentiel, la Zanu-PF, et est pressentie au gouvernement.

De là à imaginer que Mugabe la prépare à la magistrature suprême, il n’y a qu’un pas… qu’on ne saurait franchir trop vite. La première dame est en effet impopulaire jusque dans les rangs du parti. Peut-être Mugabe la fait-il émerger pour contrebalancer l’influence d’autres membres de son entourage. Convaincu qu’il sera centenaire, il a été une nouvelle fois élu à la tête de son parti lors du congrès de décembre 2014. Théoriquement, il pourrait donc se présenter, à nouveau, aux élections de 2018. Il aurait alors 94 ans.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3104_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer