Agroalimentaire

OGM : l’allemand Bayer propose 62 milliards de dollars pour s’offrir Monsanto

Bon Thiahoun, un producteur de coton OGM du village de Pê (Houndé, dans le sud-ouest du Burkina), au milieu de la récolte de l'année dernière. © THÉO RENAUT POUR J.A.

Si la société américaine productrice de semences OGM (Organismes génétiquement modifiés) est menacée au Burkina, elle est pressentie au Ghana et au Nigeria. Elle pourrait bénéficier d'ici la fin de l'année d'une réglementation facilitant l’introduction des OGM dans 17 pays ouest-africains.

Le groupe de chimie-pharmacie allemand Bayer a détaillé lundi avoir fait une offre à 62 milliards de dollars (55 milliards d’euros) pour racheter le fabricant américain de semences OGM Monsanto et créer un géant mondial des pesticides et des engrais.

« Bayer a fait une offre en numéraire pour acquérir toutes les actions de Monsanto au prix de 122 dollars par action ou une valeur totale de 62 milliards de dollars », écrit l’industriel allemand dans un communiqué.

La semaine dernière, déjà, le groupe, dont les pesticides dits « tueurs d’abeilles » sont décriés par certains, avait confirmé avoir approché le fabricant américain du Roundup, le pesticide également controversé.

En Afrique, les temps sont durs pour Monsanto au Burkina, qui a renoncé aux OGM. Mais l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pourrait prochainement adopter un règlement très favorable au transgénique.

Au Nigeria, le groupe américain, dirigé en Afrique par l’Indien Gyanendra Shukla, y a ouvert une filiale fin 2015 et commence à s’y développer, principalement via la vente de pesticides et, dans un avenir proche, de semences OGM.

Longtemps, l’Afrique « pro-OGM » n’a été constituée que d’exemples isolés. Johannesburg a même représenté pendant dix ans l’unique débouché pour ces semences lancées au milieu des années 1990 par Monsanto. Pionnière, la nation Arc-en-Ciel vote dès 1997 un « OGM Act » et lance la production l’année suivante, faisant du pays l’un des tout premiers au monde à adopter les « biotechnologies », selon la formule privilégiée par l’industrie. Aujourd’hui, 80 % du maïs, 85 % du soja et près de 100 % du coton sud-africains sont génétiquement modifiés.

Viendront ensuite l’Égypte en 2008, avec le maïs Bt (pour Bacillus thuringiensis, le nom d’une bactérie qui permet de résister à certains insectes) – mais sa production est suspendue depuis la révolution ; le Burkina Faso, en 2008, avec un coton Bt coproduit par Monsanto et l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (Inera) ; et, enfin, le Soudan en 2012, avec un coton Bt produit par des entreprises locales et chinoises.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte