Politique

Dialogue interburundais : pourquoi les discussions sont dans l’impasse

Le président burundais Pierre Nkurunziza aux côtés de Samantha Power, ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, à Gitega (centre du Burundi), le 22 janvier 2016. © AP/SIPA

Le dialogue interburundais doit reprendre samedi à Arusha en Tanzanie, dans le but d'essayer de résoudre la crise que connaît le pays depuis plus d'un an. Mais les discussions sont dans l'impasse depuis de nombreux mois, et elles risquent de tourner court une nouvelle fois. Le point sur les principaux désaccords.

1. La place du CNARED

Depuis le début, le gouvernement de Pierre Nkurunziza a été clair, faisant savoir qu’il ne participerait pas à des discussions en présence du CNARED, la principale coalition des partis d’opposition burundais. En cause, selon le président, le caractère « insurrectionnel » et « violent » du mouvement, qu’il accuse d’avoir participé à la tentative de coup d’État de mai 2015. De leur côté, les représentants du CNARED ont fait savoir à la médiation tanzanienne qu’ils ne se rendraient à Arusha que s’ils étaient invités en tant que tels, c’est à dire en tant qu’une seule entité.

Le facilitateur actuel, l’ancien président tanzanien Benjamin Mpaka, semblait avoir trouvé un terrain d’accord en proposant dans un premier temps des sessions séparées pour les deux parties. Mais dans un communiqué publié mercredi, le CNARED a fait savoir qu’il n’avait pas reçu d’invitation officielle, et qu’il ne participerait donc pas aux négociations…

2. Une équipe de médiation sujette à caution

Certains diplomates et membres de l’opposition accusent également l’équipe de médiation d’amateurisme ou de collusion avec le pouvoir burundais. C’est principalement la figure du Burundais Libérat Mfumukeko, nouveau secrétaire général de la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) qui pose problème. Sa participation à l’organisation du dialogue est inacceptable pour le CNARED, qui l’accuse d’être l’ambassadeur de Pierre Nkurunziza.

3. Incertitudes quand au contenu des discussions

« Nous sommes à trois jours du début de la reprise du dialogue et nous ne savons même pas qui est invité ou quel est le programme, alors que nous sommes censés les épauler », a déclaré à l’AFP un diplomate onusien, sous couvert d’anonymat. Y aura-t-il des discussions autour de la légitimité du troisième mandat de Pierre Nkurunziza, qui a plongé le Burundi dans une crise violente depuis un an ? L’opposition le souhaite, mais rien ne l’indique pour l’instant.

Les  violences au Burundi ont déjà fait plus de 500 morts et poussé plus de 270 000 Burundais à l’exil. L’ONU, qui a répertorié au moins 345 cas de torture et mauvais traitements depuis le début de l’année, a dénoncé de nombreux cas d’exécutions extrajudiciaires ou de disparitions forcées. Vendredi, l’Union Africaine a également appelé au déploiement d’une force de police internationale dans le pays.

 

 

 

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