Energie

L’Égypte approuve un prêt russe de 25 milliards de dollars pour son programme nucléaire

Vue de la centrale nucléaire centrale nucléaire de Kalinine, opérée par Rosatom, à 260 kilomètres au nord-ouest de Moscou. © http://www.rosatom.ru/

Le chef de l'État égyptien a signé un décret approuvant un prêt de 25 milliards de dollars du gouvernement russe pour la construction de la première centrale nucléaire du pays. D'une capacité de 4 800 mégawatts, elle devrait voir le jour à El-Dabaa, dans le nord-est de l'Égypte.

Le président Abdel Fattah al-Sissi a signé un décret, publié dans le Journal officiel le jeudi 18 mai 2016, portant approbation d’un prêt russe de 25 milliards de dollars destiné à la construction de la première centrale nucléaire du pays (l’Égypte dispose déjà de deux réacteurs destinés non à la production électrique mais à la recherche et à la formation).

Ce prêt avait fait l’objet d’un accord signé en novembre dernier entre le président égyptien et son homologue russe Vladimir Poutine.

Le projet, mené par le groupe public russe Rosatom, comprend la construction de la centrale, la livraison du combustible nucléaire, la formation des travailleurs ainsi que la maintenance et la réparation des unités de production.

Composée de quatre réacteurs, cette centrale devrait voir le jour à El-Dabaa, dans le nord-est de l’Égypte, et disposer d’une capacité de 4 800 mégawatts. Sa construction devrait être achevée en 2022, tandis que l’entrée en production du premier réacteur est attendue à partir de 2024.

Des conditions très avantageuses

Le prêt de la Russie couvre 85 % du coût total du projet, les 15 % restants étant financés par l’Égypte. Le financement russe a été accordé à des conditions particulières avantageuses. Il porte un taux d’intérêt annuel de seulement 3 % et sera déboursé de 2016 à 2028. Le remboursement se fera à partir de mi-octobre 2029, en 43 versements sur une période de 22 ans, rapporte l’agence Reuters, qui cite le journal officiel égyptien.

Le soutien de Moscou vient à point nommé pour l’Égypte, à qui il permet de réaliser ses ambitions nucléaires vieilles déjà de plusieurs décennies. L’entrée en fonction de cette centrale devrait aussi considérablement renforcer les capacités électriques du pays, estimées à 31 450 mégawatts en 2015 et constamment mises sous pression à la fois par une demande en progression mais aussi par des défaillances des installations et de l’approvisionnement en gaz naturel, qui assure 70 % de la production.

Un signal envoyé à l’Afrique du Sud

Avec ce projet égyptien, la Russie envoie également un signal indubitable à un autre géant du continent : l’Afrique du Sud. Ce pays, qui héberge la seule centrale nucléaire du continent, souhaite acquérir six à huit nouveaux réacteurs nucléaires d’une capacité totale de 9 600 mégawatts.

Un vaste programme d’expansion, convoité par de nombreux énergéticiens à travers le monde, non seulement Rosatom, mais également les français Areva et EDF, le japonais Westinghouse Electric Corporation, China Guangdong Nuclear Power Holding Corp et le sud-coréen Korea Electric Power Corporation.

Depuis El-Dabaa, la Russie envoie un nouvel appel du pied à Pretoria.

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