Justice

« Didi » de Cheb Khaled : faute de preuves, la Cour d’appel de Paris estime que le roi du raï n’a pas plagié

Cheb Khaled, lors d'un concert à Genève, en Suisse, le 24 novembre 2004. © MARTIAL TREZZINI / AP / SIPA

Accusé par l’Algérien Cheb Rabah d'avoir plagié l'une de ses chansons pour le tube « Didi », le « roi du raï » a été blanchi par la Cour d’appel de Paris le 13 mai. L’affaire pourrait toutefois se poursuivre en cassation.

Khaled a remporté une nouvelle manche dans la bataille judiciaire qui l’oppose Cheb Rabah Zerradine et pourra donc, au moins provisoirement, continuer à jouer sa chanson « Didi », sans prendre de risques. Le 13 mai dernier, la Cour d’appel de Paris l’a en effet estimé innocent des accusations de plagiat dont il faisait l’objet à propos de cette œuvre.

Le tribunal a affirmé que le plaignant Cheb Rabah n’avait pas apporté de preuves suffisantes quant à l’antériorité de sa propre création, dont il estime que « Didi » est tirée à « 98% de l’harmonie et 89% de la mélodie ». La Cour d’appel casse ainsi le jugement du tribunal de grande instance de Paris  qui avait condamné Khaled, début avril 2015, à restituer les droits d’auteurs perçus depuis juin 2003 et à payer à Cheb Rabah une somme de 100 000 euros, en réparation de son préjudice moral, et une somme de 100 000 euros, en réparation des atteintes à son droit moral d’auteur.

Vers un pourvoi en cassation ?

Cheb Rabah revendique la paternité de l’œuvre en affirmant qu’elle est tirée du titre « Eli Khan ». Celui-ci, qui aurait été commercialisé dès 1988, selon le plaignant, n’a fait l’objet qu’en 1995 d’un dépôt à la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem). Or, Khaled affirme de son côté avoir déposé « Didi » à la Sacem dès le 3 mars 1992, soit trois ans avant 1995, mais quatre ans après la création revendiquée de « Eli Khan ».

« Aucun élément précis et concordant ne permet de conférer une date certaine à l’oeuvre revendiquée antérieurement au dépôt de 1995 », a affirmé la Cour d’appel au sujet du titre « Eli Khan », dans la décision du 13 mai que Jeune Afrique a pu consulter.  « M. Zerradine échoue à démontrer l’antériorité de cette oeuvre [Eli Khan, NDLR] sur celle de Cheb Khaled », poursuit-elle.

La Cour ne peut donc conclure à un plagiat de la part de Khaled et déboute le plaignant « de l’ensemble de ses demandes ». « Je ne m’explique pas comment la Cour a pu arriver à cette décision », regrette Jean-Marie Guilloux, l’avocat du plaignant Cheb Rabah, joint par Jeune Afrique. Et de s’interroger sur l’opportunité de se pourvoir en cassation.

J.A.

J.A.

Déjà 250 000 inscrits !
NEWSLETTER

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte