Cameroun : Général Valsero dégaine « Motion de soutien », un rap anti-Biya… une députée lui répond

Le rappeur Général Valsero.

Le rappeur Général Valsero. © Captured 'écran youTube.

Dans son nouveau titre, « Motion de soutien », le rappeur général Valsero ne mâche pas ses mots contre le président Paul Biya, au pouvoir depuis 33 ans.

Lorsqu’il choisit d’évoquer le président camerounais, Valsero ne mâche pas ses rimes :

« 33 ans de dictature, 33 ans de corruption, 33 ans de népotisme, 33 ans de destruction, 33 ans de souffrance, de misère sans interruption 33 ans d’arrogance, de violence et d’humiliation ».

Avec dans sa ligne de mire la possible candidature du président sortant aux élections de 2018, il poursuit :

« Après 33 ans chaotiques, tu te prépares aux élections / Qu’est-ce qui t’arrive, arrête la coke, c’est quoi ton truc l’explosion / Regarde ces jeunes ils ne rêvent plus sinon de partir trop loin / Regarde ces jeunes, ils ne luttent plus, ça sert à rien pour certains ». Avant de lâcher dans un refrain qui se veut la caisse de résonance d’une génération désespérée, qui préfère parfois faire, au péril de sa vie, le choix de l’immigration clandestine : « Tu veux garder le Cameroun pour toi, OK on te le laisse / Oui vas-y prends-le et si tu veux, étouffe-toi avec / On préfère prendre la mer et mourir parmi les poissons. Y’a plus de chance de s’en sortir, au milieu des requins ».

Des paroles qui n’ont pas laissé de marbre la députée Marlyse Tongo Douala Bell (RDPC, parti au pouvoir). Dans un post Facebook publié le 15 mai, elle a choisi de répondre point par point au rappeur. Morceaux choisis :

« 33 ans de dictature (faux tu n’aurais pas pu écrire ceci) » (…) 33 ans de destruction (faux tu existes. De la déconstruction conséquente aux efforts de tous pour l’émergence d’un pays démocratique tu t’es construit),  33 ans de souffrance de misère sans interruption (Pauvreté oui mais exagération. Nous ne sommes pas les pire en Afrique subsaharienne. Maintenant cela ne nous dédouane pas) (…)  »

Et concernant l’immigration clandestine, la députée répond que « si certains de nos jeunes préfèrent se bagarrer avec les requins, tu dois leur dire, oui tu dois leur dire que 99 fois sur cent, ils ne s’en sortiront pas. » Et d’ajouter : « Le président Biya n’est pas le dernier des présidents. Le président Biya est un grand président adoubé par nos dix régions. Soutenus par les militants et les sympathisants du RDPC qui font également partie du peuple du Cameroun. Tu dois avoir un peu de respect pour nous Valsero. »

Défendant une dernière fois le bilan du président, elle ajoute : « Ce président dans la mission difficile qui a été la sienne. Conduire le peuple du Cameroun vers une démocratie solide. Malgré certains ratés les choses avancent sûrement et seront difficilement réversibles. Avec ce dernier mandat, c’est mon point de vue, le président va préparer l’alternance si précieuse pour l’avenir de notre pays. »

Et, un peu plus loin, de conclure : « Mais là, Valséro, tu as été un peu loin ! Non ? Mais c’est aussi cela la liberté dans le pays de Paul Biya. J’espère que j’aurais l’honneur de te rencontrer un de ces quatre. Et toutes mes excuses si le tutoiement t’a heurté, les artistes que nous aimons bien font partie de notre famille. »

Pas de doute, le message de Valsero est bien arrivé a destination.

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