BTP & Infrastructures

RD Congo : plus que deux groupes en lice pour la construction du barrage géant Inga III

Le site d'Inga, en RD Congo, est l'un des plus grands gisements hydrauliques au monde, avec plus de 43 000 MW potentiels. Mais seuls 1 700 MW sont aujourd'hui installés. © Jean-Luc Dolmaire pour Jeune Afrique

Le canadien SNC-Lavalin ne figure plus parmi les trois consortiums en lice pour la construction du premier des barrages hydroélectriques d'Inga sur le fleuve Congo, selon Bruno Kapandji, le directeur de l'Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga, cité par "Reuters" mardi.

L’échéance est désormais fixée à octobre 2016 : c’est la date à laquelle le gouvernement de République démocratique du Congo (RDC) départagera les deux consortiums encore en lice pour la construction du premier barrage du projet Inga III, dit « Inga III basse chute ».

Celui-ci doit permettre à la RDC – pays où seul 15 % de la population a accès à l’électricité – de produire 4 800 mégawatts (MW) supplémentaires. Premier volet d’un projet décalé à de multiples reprises qui vise à étendre les capacités de production électrique sur le site exceptionnel des chutes d’Inga, à environ 250 km au sud de Kinshasa, où existent actuellement deux barrages construits dans les décennies 1970 et 1980.

Deux consortiums sont encore en lice, selon Bruno Kapandji, l’ancien ministre des Ressources hydrauliques et de l’Énergie nommé directeur de l’Agence pour le développement et la promotion du projet Grand Inga, créée par le président Joseph Kabila au sein de son cabinet en octobre 2015.

Il s’agit du groupement d’entreprises chinois, mené par China Three Gorges Corporation, qui a réalisé le barrage des Trois-Gorges en Chine, et du consortium emmené par le groupe de BTP espagnol ACS.

« Nous sommes dans l’attente de leur offre en juillet. Nous choisirons la meilleure en termes d’expérience, de capacité à mobiliser des fonds et de technologie », a indiqué Bruno Kapandji.

Exit SNC-Lavalin

Exit donc le groupe canadien SNC-Lavalin qui avait été présélectionné en association avec les coréens Daewoo et Posco, et dont Bruno Kapandji ne fait plus mention.

La firme d’ingénierie canadienne et ses filiales avaient été « blacklistées », en avril 2013, par la Banque mondiale. Deux de ses cadres avaient été accusés de corruption d’agents étrangers au Bangladesh, dans le cadre d’un chantier de construction de pont auquel l’institution de Bretton Woods prévoyait d’allouer 1,2 milliard de dollars.

Or la Banque mondiale est très impliquée dans le projet Inga III. En mars 2014, rassérénée par l’engagement de l’Afrique du Sud à acheter la moitié de la future production électrique du barrage congolais, l’institution internationale a accordé un don de 73,1 millions de dollars à la RDC, pour de l’assistance technique dans le développement de ce projet.

Le démarrage du chantier, lui aussi décalé de manière répétée, est désormais attendu pour juin 2017. Cependant, « des financements supplémentaires doivent être sécurisés », a indiqué Bruno Kapandji. Qui n’a toutefois pas précisé dans quelles proportions le coût total de Inga III basse chute, estimé à 12 milliards de dollars, a pour l’heure été sécurisé.

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