Tourisme

Terrorisme : les activités touristiques ont baissé de 6% depuis 2015 dans la zone UEMOA

Sécurisation de la zone autour de l'hôtel Étoile du Sud, visé par les attaques terroristes, à Grand-Bassam, le 15 mars 2016. © Carley Petesch/AP/SIPA

L'activité touristique a chuté de 6 % depuis 2015 et les recettes générées de 3%, en raison essentiellement des menaces terroristes dans les huit États-membres de l'Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), s'est alarmé mercredi 11 mai l'organisme.

En 2015, « les recettes ont chuté de 3 % pour se situer à 539 milliards de CFA » (soit 822 millions d’euros), a expliqué Gustave Assourdi, un responsable de l’UEMOA, en marge d’une réunion d’experts sur la relance du secteur à Niamey. « 2015 et début 2016 ont été difficiles » et le tourisme qui « représente 2,1% » du PIB communautaire « se porte plutôt mal », a-t-il encore déploré.

L’exception ivoirienne 

Il a indiqué que les attaques des jihadistes « ont porté atteinte aux sites » touristiques de l’espace communautaire, alors que plusieurs États dont le Niger, le Burkina Faso et le Mali, sont toujours classés dans « la ligne rouge » par les pays occidentaux, gros pourvoyeurs de touristes.

Seule la Côte d’Ivoire, locomotive économique de l’UEMOA, fait figure d’exception, en dépit des récentes attaques jihadistes contre des sites touristiques près d’Abidjan. « Nous sommes à une croisée des chemins, mais le tourisme ne se porte pas mal en Côte d’Ivoire », estime Germain Aphing-Kouassi N’Dri, le représentant ivoirien à la rencontre. En 2012, l’apport du secteur touristique au PIB qui était de « 0,6 % du PIB » est passé « à près de 5 % depuis 2014 », a-t-il ajouté.

Catastrophe au Mali et au Burkina 

Ce qui n’est pas le cas au Mali et au Burkina, où des hôtels ont été frappés en 2015 et 2016 par les terroristes. « Beaucoup d’opérateurs ont fermé, des employés sont licenciés ou mis en congé technique », a noté un expert du tourisme au Mali interrogé par l’agence.

Au Burkina, « 2 900 réservations de chambres, onze congrès internationaux et des festivals ont été annulés », a aussi relevé, Abdoulaye Sankara, le délégué du Burkina Faso.

Favoriser le tourisme inter-communautaire

Pour donner un second souffle au secteur, l’UEMOA mise sur la promotion du « tourisme inter-communautaire ».

« Nous devons travailler sur ce marché intérieur pour repositionner le secteur touristique », a affirmé le représentant de l’UEMOA, qui regroupe sept pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo) et la Guinée Bissau (lusophone), pour un bassin de population de 90 millions d’habitants.

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