Finance

Buhari : le Nigeria ne veut pas d’excuses du Royaume-Uni, mais le retour des actifs volés

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, prononce un discours lors de la 70ème Assemblée générale des Nations Unis, le 28 septembre 2015 à New York.

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, prononce un discours lors de la 70ème Assemblée générale des Nations Unis, le 28 septembre 2015 à New York. © Don Emmert/AFP

Le Nigeria ne demande pas d’excuses au Premier ministre britannique David Cameron pour avoir qualifié le géant africain « d’extraordinairement corrompu », mais plutôt le retour d’actifs frauduleux cachés au Royaume-Uni par des Nigérians, a déclaré mercredi à Londres son président Muhammadu Buhari.

« Je ne vais pas demander d’excuses à qui que ce soit. Tout ce que je demande c’est le retour des actifs », a déclaré Muhammadu Buhari lors d’une conférence anti-corruption dans la capitale britannique.

« À quoi me serviraient des excuses? »

« C’est ce que je demande. À quoi me serviraient des excuses? », a-t-il ajouté sous les applaudissements de membres d’organisations de la société civile et des délégués nigérians présents à cette conférence organisée par le secrétariat du Commonwealth.

Le Premier ministre britannique David Cameron avait plus tôt cette semaine glissé à la reine Elizabeth II lors d’une réception à Buckingham Palace que « des dirigeants de plusieurs pays extraordinairement corrompus » étaient attendus à Londres. « Le Nigeria et l’Afghanistan, peut-être les deux pays les plus corrompus du monde », avait-il ajouté.

La chasse aux actifs volés, fastidieuse et onéreuse

Arrivé au pouvoir il y a un an, la président Buhari a promis de mener une lutte acharnée contre la corruption endémique qui gangrène la première puissance économique d’Afrique, et de retrouver les sommes « astronomiques » dérobées par la classe dirigeante depuis des décennies.

Dans son discours mercredi, il a poliment remercié le Royaume-Uni pour avoir aidé le Nigeria à récupérer des actifs volés planqués à l’étranger, citant à ce propos le cas de Diepreye Alamieyeseigha, ancien gouverneur de l’État pétrolier de Bayelsa interpellé à Londres en 2005 pour blanchiment d’argent.

Mais, hormis ce cas emblématique, « notre expérience est que le rapatriement d’actifs frauduleux est fastidieux, onéreux et chronophage », a souligné Muhammadu Buhari, qualifiant lui-même la corruption au Nigeria « d’hydre à plusieurs têtes ».

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