Automobile

L’Algérie abaisse de nouveau le quota des importations de véhicules

L'usine Renault, à Oran. Pour favoriser la production locale, l'import de véhicules est soumis à des procédures renforcées.

L'usine Renault, à Oran. Pour favoriser la production locale, l'import de véhicules est soumis à des procédures renforcées. © BECHIR RAMZY/ANADOLU AGENCY/AFP

Au moment où le ministère de l’Industrie attribuait enfin les tant attendues licences d’importation de véhicules automobiles, l’annonce de la baisse du quota des importations de 152 000 à 83 000 unités d’ici au 8 novembre 2016 a assombri la reprise des activités des concessionnaires.

Depuis six mois, ils rongeaient leur frein. En attendant l’attribution des licences d’importation, les concessionnaires automobiles algériens privés de la possibilité d’importer de nouveaux véhicules, depuis l’entrée en vigueur de la mesure en janvier, fonctionnaient avec leurs véhicules en réserve dont les stocks avaient progressivement fondu.

La signature, dimanche dernier, des licences d’importation, par le ministre du Commerce, Bakhti Belaïb, a donc apporté une embellie aux 40 concessionnaires retenus — sur les 80 qui s’étaient proposés au Comité interministériel chargé de l’examen des demandes de ces licences.

Plus que 83 000 véhicules importés en 2016

Après un début d’année blanche — aucun véhicule n’a été importé depuis janvier car les licences n’avaient pas encore été attribuées —, les importations allaient pouvoir reprendre, les réserves se remplir et les cahiers de commande repartir. Tout en respectant le nouveau cadre réglementaire des licences qui vise à limiter la facture d’importation des véhicules à un milliard de dollars en 2016, contre 3,14 milliards de dollars (265 523 véhicules importés) en 2015 et 5,7 milliards de dollars (417 913 unités) en 2014.

Mais l’annonce de la réduction à 83 000 du nombre de véhicules autorisés à être importés, déjà abaissé à 152 000 en janvier, est venu assombrir l’horizon des concessionnaires. D’autant que cette baisse est diversement supportée par les concessionnaires qui ont eu connaissance du nombre de véhicules leur étant octroyés en même temps que l’attribution de leur licence.

Une répartition critiquée

Interrogé à ce sujet par Jeune Afrique, Sefiane Hasnaoui, PDG de Nissan Algérie et Président de l’Association des concessionnaires automobiles algériens (AC2A) relève ainsi « l’absence de détails sur la méthode de calcul [qui] ne nous permet pas de nous assurer d’un traitement en toute transparence et en toute équité ».

Et d’ajouter : « Deux des plus grands contributeurs en terme de taxes ont été particulièrement lésés. Il ne peut s’agir d’erreurs de calcul ».

Selon le site d’information électronique TSA, qui a révélé, hier soir, le détail de la répartition des quotas par concessionnaire, Nissan et Hyundai n’obtiendraient que 830 et 3 140 véhicules contre 11 000 véhicules pour Sovac, représentant officiel des cinq marques du groupe Volkswagen et 4 700 pour le concessionnaire multimarques Cima Motors de Mahieddine Tahkout, qui gère notamment les transports universitaires.

« La répartition annoncée par le comité devait prendre en compte des critères objectifs, notamment l’historique des flux, la contribution au budget de l’État, l’investissement et la création d’emplois », pointe Sefiane Hasnaoui.

Un marché automobile en crise

Le second semestre de 2016 s’annonce donc aussi morose que le premier pour le marché automobile. « Une crise économique profonde s’installe chez les concessionnaires et il est malheureusement attendu que de nombreuses entreprises entament des plans sociaux drastiques, voire stoppent totalement leurs activités », prédit le patron de Nissan Algérie.

Pour lui, « compte tenu des délais industriels et logistiques et de la durée de validité des quotas, le volume importé ne pourra dépasser les 30 000 véhicules ».

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