Justice

Algérie : l’épouse de Chakib Khelil épinglée par les « Panama Papers »

Chakib Khelil en Algérie, le 15 décembre 2008. © OUAHAB HEBBAT/AP/SIPA

Selon les Panama papiers, révélés le 9 mai par l'Icij, Najat Arafat Khelil, l'épouse de l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines, Chakib Khelil, possédait deux sociétés écrans au Panama ayant servi à l’ouverture de deux comptes en Suisse. Un nouvel élément qui vient expliquer certains aspects toujours obscurs du scandale de la Sonatrach. 

C’est une affaire qui tombe mal pour l’ancien ministre de l’Énergie et des Mines Chakib Khelil. Au moment où celui-ci cherche à redorer son image en Algérie, le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij) révèle, le 9 mai dans sa dernière parution des « Panama papers », que son épouse, Najat Arafat, a disposé en 2005 de sociétés offshores domiciliées au Panama qui ont servi à dissimuler des comptes bancaires en Suisse.

Comptes cachés

« Alors que son époux entamait sa cinquième année à la tête du névralgique secteur de l’Énergie et des Mines, Najat Arafat, officiellement sans activité à l’époque, a recouru aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca pour créer deux sociétés offshores : Carnelian Group Inc., en mai 2005, et Parkford Consulting Inc., en octobre de la même année », révèle le journal en ligne ledesk.ma, membre de l’Icij.

Deux ans plus tard, les 26 et 27 novembre 2007, ces deux sociétés ont été cédées à Omar Habour, un Franco-Algérien de 77 ans, cité dans la sulfureuse affaire Sonatrach II, où Chakib Khelil, son épouse et leurs deux enfants sont mis en cause par la justice algérienne. Le transfert a été effectué par la société Multi Group Finance, basée en Suisse et agissant pour le compte de Najat Arafat, selon les documents publiés par ledesk.ma.

La nébuleuse affaire Sonatrach

Ces nouveaux éléments viennent compléter le puzzle de l’affaire dite de Sonatrach qui a éclaté en 2009 et dans laquelle la justice algérienne tente de tracer un vaste réseau de corruption entre la société pétrolière de l’État et des entreprises privées qui ont bénéficié de ses marchés, en particulier la société d’ingénierie et d’exploitation Saipem, filiale du géant pétrolier italien ENI, qui a remporté près de 8 milliards d’euros de contrats auprès de la compagnie nationale algérienne en contrepartie d’une somme de 200 millions d’euros de pots de vin. 

Saipem aurait versé cette coquette somme à la société Pearl Partners Ltd, domiciliée à Hong Kong et appartenant à Farid Bedjaoui, un proche de Chakib Khelil, pour qu’il la redistribue à son tour à des lobbyistes algériens et à des responsables de Saipem. Le nom de l’épouse de Chakib Khelil, Najat Arafat, a été cité en tant que bénéficiaire de ces versements, via ses comptes en Suisse.

L’enquête judiciaire algérienne a aussi révélé que Chakib Khelil, au cœur de ce système de corruption, avait 5 comptes en Suisse. Voyant l’étau se resserrer sur lui, ce dernier avait tenté en vain d’empêcher la justice fédérale suisse de transmettre à Alger des documents bancaires l’impliquant, se disant victime de machinations politiques en raison de ses liens rapprochés avec Abdelaziz Bouteflika

Najat, la patronne

Ces nouvelles révélations viennent donc confirmer le rôle prépondérant joué par Najat Arafat aux côtés de son mari dans l’affaire Sonatrach. D’origine palestinienne naturalisée américaine, elle a toujours été une femme d’influence. Lorsque son mari était aux commandes du ministère de l’Énergie, elle avait son mot à dire sur la gestion de toutes les institutions relevant de sa compétence, y compris la compagnie pétrolière nationale, dont elle supervisait même les travaux de rénovation. 

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