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Chez Budd, priorité aux Africains

Par Jeune Afrique  | 

Fondé en 1850 par un Anglais, le prestataire d'assurances maritimes est implanté dans 21 pays du continent. Son credo : privilégier le recrutement de cadres locaux.

Lors du séminaire qui a réuni, en 2008 à Lomé, les responsables des différents bureaux africains du groupe français Budd, les cadres de l’entreprise se sont fait un plaisir de poser pour les photos prises à cette occasion. Sur l’une d’entre elles, aujourd’hui cornée aux coins et aux couleurs délavées à force d’être exposée aux rayons du soleil, l’équipe dirigeante du continent est presque au complet : une quinzaine de personnes qui se pressent, souriantes, devant l’objectif.

The Budd Group, c’est aujourd’hui une entreprise familiale aux ramifications mondiales. Dont l’Afrique, où elle compte 21 implantations, de Tunis à Luanda. Dans chacun des ports, le bureau Budd est le correspondant local des mutuelles Protection & Indemnity – dites P&I Clubs – qui couvrent la responsabilité civile des armateurs et affréteurs de navires.

C’est en 1991, dans la foulée de son arrivée aux commandes de la société, que James Budd, qui succède à son père, décide de changer de politique en matière de ressources humaines. Exit les expatriés, à moins qu’ils ne soient africains, comme en Côte d’Ivoire où le bureau est dirigé depuis 2006 par un Camerounais, Jean-Gilles Adoubi.

Dans le métier, l’anglais est la langue d’usage. Et la maîtrise du droit l’arme indispensable pour la gestion des contentieux. La plupart des dirigeants des bureaux et responsables des dossiers contentieux manient la langue de Shakespeare et ont suivi un cursus juridique, « un bac+5 en général », précise James Budd. Comme Élisabeth Ndiaye, directrice du bureau sénégalais, diplômée d’un DESS de droit maritime qu’elle a décroché en France, tous incarnent ces cadres africains ultraformés et polyglottes.

Question de pragmatisme

« Le groupe Budd a eu cette vision d’africaniser les directions de ses filiales », reconnaît pour sa part Suzanne Moume. Responsable du bureau Cameroun depuis dix-neuf ans, elle a pris le relais d’un expatrié français. « Budd a été pionnier en la matière, ajoute-t-elle. Mais s’il ne l’avait pas fait, il y aurait été sans doute contraint tôt ou tard. » Question de pragmatisme. Mieux vaut confier les responsabilités à ceux qui sont au fait des réalités locales – par exemple la présence de clandestins sur un navire, un cas de figure de plus en plus fréquent. « On doit travailler main dans la main avec les autorités, dit Suzanne Moume. Mieux vaut donc les connaître et faire évoluer les choses sans préjugés. » Aujourd’hui, Budd compte en Afrique une centaine de salariés natifs, auxquels s’ajoutent, pour chaque mission ponctuelle de déchargement, des intérimaires, entre douze et quinze pointeurs journaliers et un superviseur.

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