Elections

RD Congo – « Affaire des mercenaires » : vers l’arrestation de Moïse Katumbi ?

Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo. © Gwenn Dubourthoumieu/J.A.

Moins de 24 heures après l'annonce de sa candidature, Moïse Katumbi a indiqué jeudi que son domicile à Lubumbashi, dans le sud de la RDC, avait été encerclé par la police dans le but de l'arrêter. Mais à Kinshasa, les autorités assurent qu'aucune instruction n'a été donnée en ce sens "pour le moment".

« Mon combat est et restera pacifique. Ma rébellion, c’est d’avoir exigé le respect de la Constitution et l’alternance démocratique dans le pays. » Joint au téléphone jeudi 5 mai par Jeune Afrique, Moïse Katumbi se dit « serein » et ce, « malgré la présence des forces de sécurité autour de [sa] maison » à Lubumbashi, chef-lieu de l’ex-province du Katanga, dans le sud de la RD Congo.

Ce dernier a néanmoins indiqué à l’AFP qu’il avait adressé une lettre à la Mission de l’ONU dans le pays (la Monusco) « pour solliciter leur protection », affirmant qu’il était « en danger ». Ce regain de tension surgit au lendemain de l’annonce de sa candidature à la présidentielle, initialement prévue fin novembre.

Soupçonné par les autorités congolaises d’avoir recruté des mercenaires sud-africains et américains commis à sa sécurité, le candidat fraîchement déclaré rétorque qu’il s’agit de « mensonge pour [l]’empêcher de se présenter à l’élection ».

Je n’ai jamais recruté de mercenaires, affirme Moïse Katumbi

« Je n’ai jamais recruté de mercenaires », martèle-t-il, précisant que l’Américain Darryl Lewis, arrêté le 24 avril à Lubumbashi lors du meeting dispersé à coups de grenades lacrymogènes, puis transféré à Kinshasa dès le lendemain, est « le seul expert étranger et non armé qui est venu évaluer le dispositif sécuritaire de [sa] protection privée ».

L’ancien gouverneur rappelle que tous les policiers commis jadis à sa sécurité lui ont été retirés après son départ du Parti du peuple pour la reconstruction et le démocratie (PPRD), principale formation politique de la coalition au pouvoir.

De son côté, l’ambassade des États-Unis à Kinshasa a qualifié jeudi d’« allégations fausses » les déclarations d’Alexis Thambwe Mwamba sur le ressortissant américain Darryl Lewis qui serait impliqué, selon Kinshasa, dans l’affaire des « mercenaires ».

Le ministère congolais de la Justice avait pourtant affirmé mercredi détenir « la preuve documentée que plusieurs anciens militaires américains qui se trouvent actuellement au Katanga sont au service de M. Katumbi ». Des sources sécuritaires gouvernementales avancent tantôt le nombre de « 400 mercenaires », tantôt de celui de « 600 ». En tout cas, « 658 » Américains seraient entrés récemment dans l’ex-Katanga, selon Alexis Thambwe Mwamba, le garde des Seaux congolais.

Fabrication de fausses preuves, selon Katumbi

« Comment ces personnes seraient-elles entrées dans le territoire sans que nos services de sécurité ne s’en rendent compte ? », demande de son côté Moïse Katumbi, qui soupçonne à son tour des « manœuvres du régime pour tenter de fabriquer de fausses preuves pouvant justifier mon éventuelle arrestation ».

Dans son entourage, l’on dit « [craindre] que des armes soient placées dans le stade de TP Mazembe, propriété de Katumbi, où des gardes de l’enceinte ont été sommés hier [4 mai] de quitter les lieux ».

Aucun mandat d’arrêt délivré « pour le moment », selon Kinshasa

« Pour le moment, aucune instruction n’a été donnée par le procureur général pour une quelconque arrestation de M. Katumbi », assure Lambert Mende, porte-parole du gouvernement congolais.

« Aucun mandat d’arrêt n’a été non plus délivré dans ce sens », ajoute-t-il, accusant le principal rival du président Joseph Kabila de « vouloir créer de la psychose dans la ville pour attirer l’attention sur lui ».

À l’en croire, « toutes les personnes citées dans cette affaire de recrutement des mercenaires étrangers seront entendues par la justice. Que ce soit M. Katumbi ou les ambassadeurs congolais en Afrique du Sud et aux États-Unis » qui ont délivré des visas aux présumés mercenaires.

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