Société

Égypte : des centaines de journalistes réclament le renvoi du ministre de l’Intérieur

Des centaines de journalistes égyptiens ont réclamé mercredi le renvoi du ministre de l’Intérieur en protestant contre l’arrestation dimanche de deux reporters au siège du syndicat des journalistes. Sourd à l’appel du syndicat, le président égyptien en déplacement jeudi dans l’ouest du pays, a défendu son bilan économique, assurant qu’il n’avait pas peur.

Par
Mis à jour le 5 mai 2016 à 16:47

Le chef du syndicat des journalistes égyptiens, Yehya Kallache, s’exprime pendant une assemblée générale du syndicat au Caire le 4 mai. © AFP

Plusieurs centaines de journalistes ont répondu à l’appel du syndicat des journalistes, participant à l’assemblée générale qui s’est tenue le 4 mai au siège de l’organisation au Caire, dont les rues d’accès avaient été bloquées par la police. Parmi les slogans chantés par les journalistes, on pouvait entendre : « Gardez la tête haute, vous êtes journalistes », « Le ministère de l’Intérieur, repaire de voyous ».

Le syndicat a demandé la libération des deux reporters arrêtés le 1er mai dans les locaux du syndicat, des excuses président Abdel Fattah al-Sissi et le renvoi du ministre de l’Intérieur Magdy Abdel Ghaffar.

La veille, le chef du syndicat Yehya Kallache avait accusé le régime d’être en guerre contre la presse. Les deux journalistes arrêtés Amro Badr et de Mahmoud Saqqa, qui travaillent pour le site d’information yanair.net, ont été placés en début de semaine détention provisoire pour 15 jours avoir inciter à manifester contre le pouvoir.

Face aux critiques, Sissi met en avant les résultats économiques

Faisant fi des critiques de la presse, le président égyptien a défendu jeudi son bilan économique lors d’un déplacement dans l’ouest du pays. « Ce qui a été fait, sans exagération, est sans précédent », a-t-il affirmé, expliquant que les autorités menaient à bien plusieurs projets, notamment pour développer la péninsule du Sinaï et doubler la production électrique du pays. Entre autre, il a défendu un projet d’extension du canal de Suez inauguré en août 2015.

À ses détracteurs, il a rappelé son intervention en juillet 2013 pour évincer Mohamed Morsi et sa lutte contre les Frères musulmans insistant sur le fait que « celui qui a fait ça ne peut pas avoir peur ».